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Design

Comment les plateformes ubérisent la création

10/04/2018 - par Pascale Caussat

De nombreux sites se sont créés ces dernières années pour mettre en relation graphistes et donneurs d’ordre. Les agences dénoncent un design low cost.

Ils s’appellent Creads, Design Sourcing, eYeka, Talents Around, We are designs… Ce sont des sites internet sur lesquels les entreprises peuvent proposer leurs briefs et les graphistes, leurs références pour faire affaire à distance. Ces modèles sont particulièrement adaptés aux start-up ou aux PME qui n’ont pas les moyens de s’offrir une agence, mais Creads revendique aussi de grands comptes comme Carrefour, JCDecaux ou Sephora. We are designs se targue de simplifier les démarches administratives pour les free-lances, qui peuvent alors se concentrer sur la création. Talents Around met en avant son algorithme, qui permet d’affiner les profils, tandis que Design Sourcing se positionne sur les start-up, en partenariat avec les incubateurs de Station F ou HEC. Selon les plateformes, les tarifs vont de 200 à 500 euros pour une identité visuelle.

J'aime/j'aime pas

Avec la réduction des budgets et des délais, ces services répondent à une vraie demande. Pour autant, la plupart des agences installées ne voient pas d’un bon œil cette concurrence à bas coût. Anne Henry, directrice du planning stratégique de CBA, résume l’opinion générale : « Notre métier, c’est du conseil. Là, il n’y a aucune valeur ajoutée stratégique, on est dans le j’aime/j’aime pas ». Christophe Pradère, président de BETC Design, dit à peu près la même chose de façon provocatrice : « C’est très bien que les plateformes existent, cela écrème tous les mauvais clients ! Un logo seul n’est qu’un artefact, il ne dit rien de la réalité d’une identité. »

Grégori Vincens, président de l’agence 4uatre, est plus nuancé : « Je ne prends pas ces plateformes comme une menace. Elles rendent plus accessibles le design à des clients qui n’en avaient pas les moyens. Cela fait monter le niveau global de qualité. Ce qui nous distingue de ces nouveaux modèles, c’est la relation avec les clients : nous travaillons en cocréation avec eux, nous apprenons à les connaître. Les plateformes dématérialisées restent dans une relation virtuelle. »

Concurrence en aval

Pour Christian de Bergh, directeur général brand identity & architecture de Dragon Rouge, le vrai problème est ailleurs : « On ne constate pas vraiment cette concurrence en amont, au niveau de la création, mais plutôt en aval, sur le développement exécutif, qui est souvent géré par des plateformes de production. Les industriels de l’alimentaire par exemple, qui ont beaucoup de packaging à produire, font appel à elles. C’est un vrai manque à gagner pour nous ». Team Créatif a contourné le problème en rachetant dès 2014 une plateforme de production, Diadem. « Il est possible d’insuffler une sensibilité créative dans le déploiement packaging », assure Benoît de Lavarène, directeur général de l'agence.

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