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Le casting de rêve de Jacques Séguéla

12/02/2009 - À bientôt soixante-quinze ans, le vice-président d'Havas chargé de la création, indétrônable «fils de pub», publie chez Plon son Autobiographie non autorisée. Florilège.

En guise de mémoires, l'Autobiographie non autorisée de Jacques Séguéla, qui vient de paraître chez Plon, égrène surtout les rencontres qui ont ponctué la vie du publicitaire, de Lazareff à Sarkozy en passant par Dali, Gainsbourg, Mitterrand ou Jospin. «Un casting de rêve», dixit l'intéressé. Point de révélations, donc, sur la carrière du publicitaire le plus célèbre de France. S'il n'évite pas toujours des accents à la Michel Drucker, l'ouvrage est cependant ponctué d'anecdotes toutes séguéliennes. Morceaux choisis.

De la presse à la pub

(Pierre Lazareff, patron de France Soir) : «La presse va connaître des jours difficiles, l'âge d'or est derrière nous. (…) Vous avez l'instinct de la formule, en journalisme ce n'est qu'un titre, en publicité toute une affiche. Allez dans la pub (…) Tout est à faire dans ce métier neuf et d'abord à faire de l'argent. Regardez Bleustein-Blanchet [patron de Publicis], il en fait dix fois moins que moi et il est dix fois plus riche.»

Le premier job

(Citroën le recommande à son agence, dirigée par Roger Delpire) : «Je fus reçu par le patron de l'agence en personne comme un “deus ex machina”. (…) Je sais depuis que lorsque votre plus gros client vous appelle pour vous recommander un CV, tout patron de pub engage son titulaire avant même son entretien d'embauche.» (…)

«Delpire ne sachant que faire de mon encombrante présence (...) me confia le département pharmaceutique. Ironie du sort. J'avais mis un tour du monde et quatre ans de journalisme à faire oublier mon diplôme de docteur en pharmacie, il me sautait de plus belle à la gorge.» (…)

«Qu'importe, j'étais tombé amoureux de la pub. Elle n'était pas devenue ce qu'elle est, cette industrie à fabriquer de l'imaginaire à la chaîne. C'était un artisanat quasi solitaire, où l'on assurait le marketing, la conception, la production et la vente de ses idées. Un multicarte en somme.»

La création

«Je ne suis pas un créatif à tête pensante mais plutôt à tête chercheuse. Un annonceur me pose un problème, une idée me vient à l'instant. Elle n'est pas toujours la bonne mais je n'en aurai pas de meilleure. Je suis comme dans un partie de ball-trap, concentré sur le départ de la cible. (…) L'assiette part, je tire à la volée sans hésiter. L'hésitation est l'émasculateur de la création.»

François Mitterrand

(Le premier secrétaire du Parti socialiste, au sujet de son projet d'affiche de campagne pour les municipales de 1977) : «Ce n'est pas de moi qu'il s'agit, c'est du socialisme. Je ne suis que le guide. C'est le chemin qui a de l'importance. Et, au bout du chemin, le but : le pouvoir ne peut échapper à la gauche. (…)


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Jacques Séguéla, Autobiographie non autorisée

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