
26/03/2009 - Imprimés, citoyenneté, insertion des handicapés... l'AACC prend le développement durable à bras le corps. Présentation des actions et chantiers en cours.
La commission développement durable de l'Association des agences-conseils en communication (AACC), réunie au grand complet mercredi 18 mars, a présenté ses avancées et chantiers en cours. Après le temps des grandes déclarations d'intention, place à l'action, engagements signés et chiffres à l'appui. Créée en mai 2007, cette commission s'est attaquée d'emblée à deux points, certainement les plus faciles à mettre en œuvre sur le champ : la formation et les imprimés. Le secteur de la publicité utilise, à lui seul, près de 3 millions de tonnes de papier par an. Jusqu'à présent, mille collaborateurs ont été formés en six mois au développement durable, soit plus de 10% des effectifs des deux cents agences membres de l'AACC, dont 70% ont par ailleurs signé cinq engagements. Le premier concerne justement la formation, qui doit continuer à gagner du terrain. Les quatre autres s'intéressent à la production éditée. Les signataires s'engagent à ce qu'au moins 80% des tonnages imprimés le soient sur papier recyclé ou certifié (FSC ou PEFC). Ils devront également faire appel à des imprimeurs «verts» pour, là aussi, au moins 80% des éditions produites d'ici à fin 2009.
Mais le plus difficile reste à venir. La commission développement durable a lancé plusieurs chantiers dont l'un concerne la responsabilité sociale des agences, un vaste domaine couvrant le recours aux stagiaires, la parité ou la diversité, sujets sur lesquels les entreprises du secteur ne sont pas en pointe. «Nous avons choisi de nous concentrer en priorité sur l'emploi des seniors et l'insertion des handicapés, deux thèmes qui font l'objet d'évolution législatives fortes et qui nous aideront à sensibiliser les agences», précise Jean-Michel Gode, directeur de clientèle chez Jump France et membre de la commission.
Des indicateurs mesurant les actions d'ici à septembre
Le chantier baptisé «agences et citoyenneté» entend convaincre les agences de faire plus que des campagnes «pro bono» au service des associations ou de la promotion en interne d'écogestes. «La publicité doit jouer un rôle moteur dans le changement des comportements», explique Pierre Levy, directeur juridique d'Ogilvy, qui participe également à la commission. En veillant notamment à mieux refléter la diversité de la population dans ses campagnes ou à mieux respecter la femme dont le corps est encore trop instrumentalisé, comme dans le secteur du luxe, adepte du porno chic.
Enfin, un autre chantier, et non des moindres, consiste à bâtir des indicateurs permettant de mesurer les actions menées par les agences en matière environnementale, économique et sociale. Tout en les inscrivant dans des axes de progrès. Ce travail menée en partenariat avec l'ensemble des parties prenantes, notamment les associations, doit aboutir d'ici septembre 2009 au lancement d'un guide pédagogique exhaustif d'indicateurs. Libre ensuite aux agences de sélectionner la quinzaine d'indicateurs entrant dans le cadre de leur stratégie RSE (responsabilité sociétale d'entreprise). L'AACC rendra compte, de son côté, de l'évolution annuelle de quelques indicateurs clés.
Enfin, l'association va créer un outil permettant de mesurer l'impact écologique des campagnes. Visiblement, Ecopublicité, lancé par Havas Media France et Price Waterhouse Coopers, est, en plus d'être payant, particulièrement complexe à utiliser. Par ailleurs, il n'intègre pas le média courrier ou les opérations de marketing de rue. L'outil devrait être lancé d'ici fin 2009. Mieux vaut tard que jamais.
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