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Maurice Lévy s'explique

24/06/2010

Quelques jours après l'annonce de la prolongation de son mandat à la présidence du directoire de Publicis Groupe, Maurice Lévy revient sur sa succession et s'exprime sur France Télévisions, la rémunération des patrons, la crise... 

La prolongation de votre mandat, qui a certes rassuré tant en interne qu'à l'externe, ne renforce-t-elle pas aussi les inquiétudes quant à la capacité du groupe à assurer votre succession?

Maurice Lévy. J'étais décidé à partir le 31 décembre 2011 et il y avait un plan avec des hypothèses de succession intéressantes. Mais, avec la crise, la présidente du conseil de surveillance, Élisabeth Badinter, et quelques autres membres du conseil m'ont demandé de rester plus longtemps afin de tenir la barre pendant cette période difficile. Je n'y tenais pas tellement, mais j'ai finalement accepté. Quant à ma succession, je ne suis pas inquiet.

De fait, les prétendants ne manquent pas…

M.L. Certains se sont présentés comme des «dauphins», des personnes pour lesquelles je n'ai même pas imaginé une seule seconde qu'ils pouvaient aller bien au-delà de ce qu'ils ont fait. Ils se sont eux-mêmes brûlé les ailes. Mais il y en a d'autres, en revanche, qui ont la capacité de briguer ce poste. 

La démission de David Kenny, «managing partner» de Vivaki, vous a-t-elle surpris?

M.L. Début 2009, en vue de l'échéance de son contrat en fin d'année, nous avons eu une conversation sur son avenir. Je lui ai dit qu'il avait le potentiel pour faire beaucoup plus et qu'il avait toutes les chances, si ce n'est pour le «top job» au moins pour faire partie de l'équipe dirigeante. Je lui ai organisé des rendez-vous avec des membres du conseil de surveillance tout en lui disant que ce serait bien qu'il envisage de s'installer à Paris. Dès lors, il s'est clairement positionné pour cela. Mais deux problèmes familiaux, l'un prévisible et l'autre malheureusement inattendu, ne lui ont pas permis d'envisager une installation en France. Or, si le futur dirigeant de Publicis peut très bien être étranger, le centre de décision du groupe, qui est français, doit rester à Paris.

Diriez-vous toujours, comme en octobre dernier, que votre successeur sera choisi au sein de l'entreprise?

M.L. Oui. Mais soyons clair, je sais où est ma place. Je ne suis ni le fondateur ni l'actionnaire principal de Publicis. Je ferai bien sûr une recommandation, mais c'est au conseil de surveillance de décider. Quant à l'échéance, si j'ai clairement une date en tête – à moins de cinq ans – je ne la communiquerai pas.

Compte tenu de sa récente nomination au poste de «Chief Operating Officer» devenant ainsi le n°2 du groupe, Jean-Yves Naouri semble être en pole position pour la succession…

M.L. Il fait clairement partie de ceux qui ont une chance réelle d'assurer la succession. Mais il y a au moins trois candidats très sérieux au sein du groupe, et dont je tairai évidemment les noms.

Le récent rachat par Publicis d'une partie des actions détenues par Dentsu annonce-t-il un changement de stratégie de votre partenaire japonais, qui semble accélérer son développement international? Peut-être n'a-t-il pas trouvé autant d'avantages que Publicis dans ce partenariat?

M.L. La stratégie de Dentsu d'être plus présent à l'international est bonne. Quant à sa décision sur la suite des accords qui nous lient, je n'en sais rien. S'il souhaite rester, nous serons contents de poursuivre avec lui, mais s'il veut sortir progressivement du capital de Publicis, nous avons déjà montré comment cette sortie se fera.

Compte tenu des atermoiements du gouvernement autour de l'arrêt de la publicité sur France Télévisions, êtes-vous toujours candidat au rachat de la régie et à quelles conditions?

M.L. Le conseil d'administration de France Télévisions a souhaité prolonger l'accord avec Lov-Publicis jusqu'au 31 décembre 2010 de manière à voir quelles seraient les décisions finalement prises autour de la publicité afin soit d'appliquer l'accord tel qu'il a été négocié, soit d'en négocier un nouveau.

Ce dossier n'a-t-il pas été une mauvaise opération pour l'image de Publicis?


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