MARKETING COMMUNICATION MEDIAS
Marques
Agences
Médias

Date de parution :


Plan de la rubrique Agences
Voir les dossiers Agences
Votre Flux Rss Stratégies Agences

Les spin doctors sur la sellette

15/12/2011 -

Au-delà du fait divers et de ses rebondissements judiciaires, l’affaire DSK, qui a vu s’effondrer le 14 mai 2011 le favori des sondages à la présidentielle de 2012, interroge le métier et les méthodes des communicants politiques.

Sidération! Cet homme face aux caméras, menotté, livide, encadré par des policiers new-yorkais, c'est Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI). En se réveillant ce dimanche 15 mai 2011, les Français découvrent que le favori à l'élection présidentielle de 2012 a été arrêté la veille pour agression sexuelle et tentative de viol sur Nafissatou Diallo, une femme de chambre du Sofitel de New York.

L'information n'a pas d'équivalent en France depuis 2000 en termes d'écho médiatique. Elle fera le tour du monde reprise par plus de 150.000 quotidiens selon Kantar Média. Dans cette affaire où tous les ingrédients qui font l'audience (sexe, argent, pouvoir, adultère, chute) sont réunis, c'est peu de dire que les médias vont abuser de l'aubaine.

Comment cet économiste brillant à qui les Français étaient prêts – foi de sondages – à donner leur confiance pour diriger le pays a pu se retrouver au cœur d'une histoire aussi sordide? L'enquête se soldera fin août par un abandon des poursuites, le procureur reconnaissant un «acte sexuel précipité» sans pouvoir établir s'il a été contraint ou consenti.

Mais cette affaire, portée au civil par les avocats de la plaignante, a ouvert la boîte de Pandore. De retour en France, l'ancien ministre socialiste doit répondre de la plainte de Tristane Banon, finalement classée sans suite, le parquet de Paris estimant que des «faits pouvant être qualifiés d'agression sexuelle sont reconnus» mais prescrits.

Las! Une nouvelle affaire éclate en novembre 2011 concernant un réseau de proxénétisme dans le Nord de la France, passant par l'hôtel Carlton de Lille. DSK y est cité, mais l'intéressé n'avait pas encore, le 16 décembre, été convoqué par le juge. On s'enfonce dans le fait-divers.

Zone d'ombre et vie privée

Les révélations sur ce qui apparaît être une double vie interrogent les médias, les politiques dans leur rapport à la communication et le métier de communicant politique («spin doctor»). Dès le début de la procédure américaine, les médias français se sont battus la coulpe sur le thème «on savait et on a eu tort de pratiquer l'omerta». «La protection de la vie privée ne doit pas servir de prétexte à cacher des pans entiers de la personnalité de politiciens qui sont candidats à diriger le pays. Ce doit être la leçon de l'affaire DSK», estime Pierre Haski, de Rue 89. Cela lance le débat: lever le voile sur la vie privée des hommes politiques n'est pas si simple, sachant que, sans plainte, les pratiques des uns et des autres, aussi libertines soient-elles, ne relèvent ni du délit ni du crime, mais de la sphère intime, donc protégées par la loi.

En revanche, ceux dont le métier est de conseiller et d'accompagner un homme politique dans la conquête du pouvoir peuvent-ils ignorer ou occulter ses zones d'ombre? La question est posée à toute la profession, et en l'espèce à la garde rapprochée de DSK: Stéphane Fouks, président d'Euro RSCG, Ramzi Kiroun, porte parole du groupe Lagardère et conseiller d'Arnaud Lagardère, Anne Hommel, son attachée de presse, et Gilles Finchelstein, le spécialiste des sondages, tous liés à l'agence d'Havas (Bolloré). Sans oublier son premier cercle politique: Jean-Christophe Cambadélis, Jean-Marie Leguen, Michelle Sebban etc...

Arianne Chemin, dans son article «Ce que Sarkozy savait de DSK» (Le Monde, 09/12/11) cite le député UMP Bernard Debré qui dit avoir été informé par des tiers de «virées dans un hôtel de Belgique avec DSK» et d'ajouter «j'étais épouvanté. J'ai déjeuné peu après avec Stéphane Fouks pour le mettre en garde.» Déjà en février 2011, Le Point titrait «DSK: de quoi a-t-il peur?», avec un long papier sur ses «handicaps».

«Si les communicants savaient, c'est une erreur professionnelle de ne pas avoir regardé la réalité en face et ne pas avoir admis qu'il ne pouvait pas participer à la course présidentielle. Et s'ils ne savaient pas, c'est encore une erreur, car un “spin doctor” doit tout savoir, lance Régis Lefebvre, directeur général de l'agence Blue, ancien communicant politique proche de l'UMP. Un curé qui aime les femmes ne fait pas curé.» Et pourtant… Le goût du pouvoir se mesure à la prise de risque.


Page 1/4

Sur le même sujet :
Dr Fouks et Mr Com'
La crise touche de plein fouet le gouvernement, Pierre Moscovici et Jean-Marc Ayrault au premier chef, et jusqu'au président François Hollande....
Les candidats aux primaires du PS et leurs communicants
Une course dans laquelle les conseillers en communication, très discrets (cf. ci-dessous), vont devoir faire exister chacun de leur candidat autrement qu'en le...
Laurent Joffrin : « DSK a été mal conseillé »
Y a-t-il eu une forme d'emballement médiatique sur l'affaire DSK?Laurent Joffrin. L'emballement est légitime quand il concerne l'un des hommes les plus connus du monde...
Affaire DSK: BFM TV diffuse en exclusivité la «danse de la joie» des employés du Sofitel
Selon Guillaume Dubois, directeur général de la chaîne, interrogé par le site Ozap, la chaîne n'a pas déboursé un centime pour obtenir ces images, et elle les a...
DSK : «Coucou, c'est moi !»
»Le New York Times du 4 septembre ironisait d'ailleurs sur cet accueil par la presse digne du pape!...

Vos commentaires

Réagissez à cet article
Merci de vous identifier afin de pouvoir publier un commentaire : Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

Plus d'informations sur Stratégies.fr

Mots-clés :

DSK, communication politique, Euro RSCG, Sofitel,

Dossiers :
2011 Année de la publicité

Formations :

STRATEGIES SUMMIT
Annuaires professionnels en ligne

STRATEGIES SERVICES