
02/03/2001 - La tête de pont française du réseau Lowe Lintas & Partners Worldwide se fait remarquer par des campagnes surprenantes.
Philippe Bernard, président de Lowe Lintas&Partners Paris, et Grégoire Delacourt, directeur de création, mettent en route une cassette. La même bande-agence qu'ils ont, une semaine auparavant, montrée à Frank Lowe, le PDG de Lowe Lintas&Partners Worldwide. Au programme: les publicités Axe, Crunch, Mobicarte, Clear, Nestlé noir... Alors, comment a réagi le big boss?«Il a beaucoup ri et m'a dit que j'avais réussi ma période d'essai,plaisante Grégoire Delacourt.Frank Lowe est extrêmement francophile. Il veut une agence forte à Paris.»
Mariage fructueux
Un peu plus d'un an après la fusion entre Lowe&Partners et Ammirati Puris Lintas, la discrète agence située sur les quais de Seine se fait remarquer par des campagnes inattendues. Comme le dernier film Crunch, où des malfrats aux dents de lapin font un casse dans une réserve de carottes. Ou encore la nouvelle campagne pour la lingerie Chantelle, premier cas de crime sexuel dans une publicité TV (cf. l'encadré).«Depuis l'arrivée de Grégoire Delacourt, il y a un an, à la direction de la création, et de Martin Coulais à la production TV, nous renouons avec un niveau proche de notre grande période créative», se félicite Philippe Bernard, lui-même arrivé à Paris il y a deux ans. Pourtant, lorsque Lowe, réseau très créatif, et Lintas, l'agence d'Unilever, ont uni leurs destins en 1999, des observateurs, sceptiques, avaient parlé du mariage de la carpe et du lapin. Et doutaient de l'avenir de l'agence hybride.«La fusion a remis l'église[comprenez la création]au coeur du village,raconte Philippe Bernard.Lintas était un réseau fantastique, mais avait une image ennuyeuse, même si l'agence parisienne était considérée comme l'un des joyaux de la couronne. Lowe nous a apporté l'excellence créative.»En Europe, l'agence bénéficie d'une locomotive: l'enseigne londonienne, élue meilleure agence de l'année parCampaign, grâce à son travail pour Kellogg's et à un second Grand Prix consécutif à Cannes pour la campagne Stella Artois, après la palme pour The Independent.«Ce qui m'a poussé à quitter Australie pour Lowe Lintas, c'est sa dimension internationale,affirme Grégoire Delacourt.De plus, ici, il n'y a pas de ghettos: on travaille sur des secteurs qui font ricaner certains créatifs parisiens parce qu'ils sont considérés comme "lessiviels". Mais nous y appliquons la même exigence créative qu'aux autres budgets.»En 2000, l'agence a réalisé (hors filiales) une marge brute de 200MF, en progression de 22%. Elle a conquis de grands comptes, comme la Société générale, la Maif ou Orange de France Télécom, et vient de gagner la division Unilever Bestfoods (sauces et condiments) contre CLM/BBDO, J.Walter Thompson, Ogilvy&Mather et DDB. Restent quelques déceptions, comme la perte des Pages jaunes. Et une certaine prudence quant aux objectifs.«Nous souhaitons continuer à progresser créativement,annonce Philippe Bernard.Il s'agira aussi de consolider l'offre globale du groupe.»Une femme se rhabille dans le jardin des Tuileries, laissant à ses pieds un homme dénudé et exsangue. A-t-elle abusé de lui? Avec ce spot, réalisé par Sébastien Chantrel et produit par U-Turn, Chantelle va faire jaser.«Nous voulons rajeunir la marque, en la rendant plus désirable, plus mode et plus sexy, à l'image de la communication des marques de luxe», explique Hubert Laffont, directeur marketing de Chantelle. Lowe Lintas&Partners gère depuis six ans ce budget au niveau mondial.«L'agence peut avoir une vision internationale et des ressources créatives, qui nous permettent d'émerger avec un petit budget de 50MF», estime l'annonceur.
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