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Législation

Haro sur le sexisme

20/07/2001

Adaptation de la loi de 1881, renforcement de l'autodiscipline des professionnels et rôle accru des associations: le rapport du gouvernement sur l'image des femmes dans la publicité vilipende le sexisme.

Le rapport sur l'image des femmes dans la publicité, présenté la semaine dernière par la secrétaire d'État aux Droits des femmes Nicole Péry, sera-t-il un document officiel de plus destiné à prendre la poussière sur une étagère? On peut espérer le contraire au vu de l'accueil bienveillant réservé par les publicitaires à ce texte jugé équilibré par la plupart des observateurs (lire l'encadré). Loin d'en appeler à la censure, le rapport demande un meilleur arbitrage entre les principes de liberté d'expression et de responsabilité collective.«Il existe un décalage entre l'image de soumission et de dépendance renvoyée par certaines publicités et le travail mené pour l'égalité entre hommes et femmes dans la société»,estime Brigitte Grésy, responsable du service gouvernemental des droits des femmes et de l'égalité. Elle rappelle que, selon une enquête nationale publiée en décembre 2000, une femme sur dix a subi des violences lors des douze mois précédents.«Dans ces conditions, comment supporter de voir des femmes enchaînées, comme chez Ungaro?»,s'insurge Nicole Péry. Pour appuyer sa démarche, la secrétaire d'État a commandé un sondage Ipsos, montrant qu'une femme sur deux est souvent choquée par l'image des femmes dans la publicité. Les rédacteurs du rapport ne sont pas allés jusqu'à proposer une loi antisexisme, comme l'appelait de ses voeux Florence Montreynaud, la fondatrice des Chiennes de garde et de La Meute. Ils se contentent de suggérer que la loi du 29juillet 1881 sur la liberté de la presse, condamnant la provocation à la haine raciale, soit étendue à la discrimination sexuelle. Nicole Péry a engagé un débat interministériel, prélude à un amendement de la loi.

Faire évoluer le code de déontologie

L'autre volet des propositions concerne le durcissement des règles d'autodiscipline élaborées par le Bureau de vérification de la publicité (BVP). Les affiches et les annonces presse, dispensées du contrôle préalable obligatoire de l'organisme au contraire des spots télévisés, sont dans le collimateur du rapport. Le texte recommande aux publicitaires de recourir plus souvent à l'avis du BVP concernant ces supports, sans aller jusqu'à le rendre obligatoire.«Il serait impossible de contrôler a priori les milliers d'affiches et d'annonces presse réalisées chaque année,plaide Joseph Besnainou, le directeur général du BVP.Mais notre code de déontologie, inchangé depuis 1975, doit évoluer, c'est évident.»Le BVP a réuni un comité de parrainage composé de femmes publicitaires et chargé d'actualiser les règles déontologiques.«Dès septembre, nous présenterons un nouveau texte»,affirme Joseph Besnainou. Déjà, ces mesures font des émules: un collectif d'associations vient de se créer pour s'attaquer, cette fois, au rapport entre les enfants et les médias. Reste un problème. La plupart des campagnes épinglées par le rapport sont le fait de marques de luxe (Dior, Versace, Ungaro, Yves Saint Laurent), qui réalisent leurs publicités sans agence et ne sont pas membres du BVP.«Rien ne les empêche d'adhérer, à l'instar de Chanel qui n'est jamais concernée par les attaques»,rétorque Joseph Besnainou. La publicité apparaît également comme le bouc émissaire commode de dérives qui touchent d'autres pans de la société. La dernière «une» du magazine masculinMaximal, qui propose un«catalogue de filles», a étrangemet peu fait parler d'elle. Les associations et l'Éducation nationale, auxquelles le rapport attribue une mission de sensibilisation de l'opinion, ont du travail en perspective.

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