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Retenez-le ou il fait un malheur

08/03/2002

Jean-Marie Boursicot, fondateur de la Nuit des publivores, se dit étranglé par les charges. Il menace de délocaliser sa cinémathèque à l'étranger.

Jean-Marie Boursicot n'est pas content. Alors qu'il met la main aux derniers préparatifs de la prochaine édition de la Nuit des publivores (lire encadré), il ne décolère pas contre les pouvoirs publics, qu'il accuse de vouloir torpiller son projet de délocalisation. Mais pourquoi diable ce collectionneur, aujourd'hui à la tête d'un fonds de plus de cinq cent mille spots de pub, dont le plus ancien est un film de 1898 des frères Lumière pour la savon Sunlight, veut-il quitter la douce France ?« J'ai monté ma cinémathèque privée il y a vingt-deux ans,explique-t-il.Je n'ai jamais demandé d'argent à personne. Mais, aujourd'hui, avec les charges qui me sont imposées, ce n'est plus tenable. Rien que pour respecter les 35 heures, il faudrait que j'embauche quatre personnes de plus. C'est impossible ! Montréal, Mexico et Hong Kong sont prêts à m'accueillir. »

Situation kafkaïenne

Mais ce n'est pas si simple. Toute sortie de pellicule du territoire est soumise à autorisation. Jean-Marie Boursicot a, dans un premier temps, suivi la procédure légale, en demandant au Centre national de la cinématographie (CNC) un certificat d'exportation. Ce dernier lui a réclamé, pour déterminer la valeur du fonds, un inventaire précis de ladite cinémathèque, et ce dans les deux mois, la loi n'accordant qu'un délai d'instruction de quatre mois à ce type de demande.« C'est impossible ! Pour tout inventorier, il me faudrait deux à trois ans, et en embauchant deux à quatre personnes »,peste le publivore. Devant cette situation kafkaïenne, il a décidé de quitter la France sans autorisation... même si les douze semi-remorques nécessaires pour transporter la collection risquent de faire un peu tiquer les douaniers.

Au CNC, on reste perplexe.« Comment voulez-vous évaluer une collection si vous ne savez pas ce qu'elle contient ?,explique Boris Todorovitch, directeur des actions patrimoniales.Je ne vois pas comment faire l'économie de cette procédure, c'est la loi. Nous avons examiné la demande de Jean-Marie Boursicot avec beaucoup de bienveillance, nous avons mis en place une commission d'experts et, aujourd'hui, alors que c'est lui le demandeur, il se retourne contre nous, comme si nous étions venu réquisitionner sa collection. C'est le monde à l'envers ! »

Interpeller les candidats à la présidentielle

Sous la colère de Jean-Marie Boursicot perce le ressentiment de ne jamais avoir été reconnu. La profession publicitaire elle-même commence tout juste à le fréquenter.« Pour obtenir des aides, encore faut-il les demander »,plaide-t-on au CNC, où l'on met en avant le soutien accordé cette année, pour la première fois, au Festival du film d'entreprise du Creusot.

Cette logique n'est pas celle de Jean-Marie Boursicot, qui a maintenant décidé d'interpeller les candidats à la présidentielle. Déjà, ils les a invités à la prochaine Nuit des publivores. Seuls deux d'entre eux ont répondu : Robert Hue, pour décliner poliment, et Jean-Pierre Chevènement, pour indiquer avoir« pris connaissance avec attention »de son courrier. Reste qu'il serait extrêmement dommage de voir cette collection, unique en son genre, quitter la France.

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