
05/04/2002 - Le 8e Prix des directeurs de cinéma, remis à l'initiative de Circuit A, couronne le classicisme avec un film de Luc Besson pour Chanel n° 5.
Les palmarès publicitaires ont un point commun avec les élections : ce n'est pas toujours celui qui vire en tête au premier tour qui gagne au second. Le 8e Prix des directeurs de cinéma, remis le 2 avril, n'a pas failli à la règle. La campagne très iconoclaste de Leagas Delaney Paris Centre pour les magasins Ikea, arrivée en tête de la short list à l'issue du premier tour de scrutin, est repartie sans la moindre récompense. Entre-temps, la quinzaine de patrons de salles de cinéma qui composaient cette année un jury présidé par Francis Cazau, directeur de l'UGC Ciné Cité Strasbourg, ont dû faire un certain nombre de compromis pour se mettre d'accord sur un palmarès satisfaisant une majorité d'entre eux. Dans ce contexte, les saynètes un peu gore d'Ikea étaient sans doute trop segmentantes. Verdict final : le Toucan d'or, plus haute récompense de cette manifestation organisée par Circuit A, régie des salles UGC, est allé au très consensuel film pour Chanel n° 5, qui s'inscrit comme la suite des aventures du Petit Chaperon Rouge (Estella Warren) filmée de main de maître par Luc Besson (BBD Productions). Une vraie tranche de cinéma, ce qui fut suffisant pour emporter l'adhésion d'un jury sensible à cette veine.
La veine de la comédie en voie de disparition
On retrouve un peu plus d'originalité dans le reste du palmarès. La campagne très chorégraphique de Wieden&Kennedy pour Nike - trois spots mettant en scène les prouesses de footballeurs, de basketteurs et de skatteurs - obtient le prix spécial du jury. Le prix de l'humour revient à la saga des scouts de FCB Offshore pour l'annuaire Scoot. Le prix de la mise en scène récompense la campagne institutionnelle de La Poste (BDDP&Fils), réalisée par Sébastien Chantrel. Enfin, le prix du scénario va à Eurostar (TBWA) et aux aventures, il est vrai inattendues, de John Malkovitch entre Paris et Londres.
Au total, cent onze films étaient en compétition, soit l'ensemble des nouveaux spots diffusés pour la première fois au cinéma en 2001, hors publicité locale. Le plus frappant, au visionnage de ces nouvelles sorties, est de constater combien la veine de la comédie est en voie de disparition. Sur cette centaine de spots, trois ou quatre seulement mettent en scène des dialogues entre des acteurs ! C'est le cas, par exemple, des films Scoot, ou de ceux de la Fnac et d'Adia. Dans ces conditions, voix-off et musique d'ambiance ont de l'avenir...
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