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Entretien

La mondialisation selon Jean-Claude Boulet

04/04/2003

Président d'Harrison&Wolf, le « B » de BDDP a publié le 3 avril au Cherche Midi « Passion Communication », un livre associant autobiographie et essai sur la communication.

Qu'est-ce qui vous a décidé à écrire ce livre ?

Jean-Claude Boulet.Depuis trois ou quatre ans, on ne parle que de mondialisation. Or, ce phénomène, je l'ai vécu de l'intérieur depuis trente ans, comme d'ailleurs nombre de patrons de groupes publicitaires. J'ai voulu livrer aux acteurs de l'époque, mais aussi aux plus jeunes, un témoignage, parfois naïf sans doute, mais donnant aussi un aperçu du dessous des cartes de certains épisodes de cette période. Beaucoup y apprendront par exemple que BDDP a tenté une OPA sur JWT en 1987, avant que WPP ne s'empare de cette agence.

Quels enseignements tirez-vous de ces opérations financières menées pour BDDP ?

J.-C.B.Le jour où vous réalisez la plus grosse acquisition de votre vie professionnelle, vous ne pouvez pas faire confiance à l'équipe en place. Il faut aller jusqu'au bout. Après l'acquisition de l'agence américaine WRG en 1990, nous aurions dû placer au moins un ou deux de nos hommes à New York. Avec Jean-Marie Dru, nous avons envisagé, un temps, que l'un de nous s'installe là-bas. Nous ne l'avons pas fait. Ce fut une erreur.

La mondialisation, fil conducteur de votre livre, est toujours décrite de façon très distanciée. Quel est votre avis personnel sur la question ?

J.-C.B.La mondialisation présente, selon moi, plus d'aspects positifs que négatifs. Beaucoup de gens bénéficient de prix plus bas, d'une offre de produits sans précédent et d'un large accès à toutes les régions du monde. Et la France, où certains sont très critiques vis-à-vis de la mondialisation, en profite au premier chef en qualité de grand exportateur mondial. Je suis un partisan de la mondialisation mais sûrement pas un inconditionnel. Si nous étions destinés à être dominés par dix grandes marques de luxe ou dix grandes marques automobiles, ce serait effectivement un problème.

Quel rôle peuvent jouer les entreprises dans ce mouvement de fond ?

J.-C.B.Le concept de développement durable, s'il est suivi dans le temps, peut donner aux entreprises le moyen d'agir de façon bénéfique sur l'évolution du monde. Lors d'un forum sur le sujet, organisé l'an dernier aux États-Unis, j'ai pu constater la véritable prise de conscience globale sur ce thème. Et ce, même si le président américain a pu prendre quelques positions à contre-courant, par exemple sur les accords de Kyoto.

L'image des États-Unis est très controversée. Que vous inspire le départ de l'ex-publicitaire Charlotte Beers, chargée de la communication de l'administration Bush ?

J.-C.B.Les Américains s'entichent souvent de stars. C'est triste. Quant au fond du problème, aujourd'hui, les États-Unis comme la France en sont encore au stade des postures. À court terme, on peut s'attendre à d'inévitables dérapages. On parle beaucoup du boycott des produits français aux États-Unis, mais il ne faut pas négliger le phénomène inverse. En l'occurrence, les produits de luxe américains se vendent moins bien ces temps-ci. Mais, à plus long terme, je pense que tout cela ne compromettra pas les relations franco-américaines.

Vous évoquez dans votre livre des personnalités qui vous ont marqué. Certaines vous ont laissé un souvenir mitigé...

J.-C.B.C'est vrai que Michel Pébereau, le patron de la BNP, n'a pas été franchement d'un soutien exemplaire, que ce soit lors de notre projet d'OPA sur J. Walter Thompson ou dès que les problèmes ont commencé à s'accumuler sur le groupe.

Vous êtes aussi revenu de votre expérience de consultant en communication politique...

J.-C.B.J'ai été un consultant épisodique en ce domaine. Et je l'ai toujours fait par conviction. De ma collaboration avec François Léotard, je garde le souvenir d'un homme peu organisé et finalement pas très sérieux. Quant à Édouard Balladur, j'ai eu une excellente collaboration avec lui jusqu'à ce qu'il devienne Premier ministre. Mes conseils ont alors cessé. Il estimait sans doute qu'il n'en avait plus besoin. Aujourd'hui, le conseil en communication politique m'intéresse de moins en moins. Le monde des courtisans n'a jamais été le mien.

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