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Agences

Pour les orphelins d'Havas, vive la liberté non surveillée !

18/09/2003

Que sont devenues les agences cédées à leurs managers par Havas depuis sa cure d'amaigrissement de 2001 ? Tout va bien pour elles, merci. Illustration avec Enjoy, Australie et Ailleurs Exactement.

Honnêtement, c'est génial. Nous vivons une époque très sympa. Parfois, elle est dure, mais nous n'avons pas d'angoisse. »Quel est le publicitaire assez fou pour établir aujourd'hui un tel constat ? Vincent Leclabart, président de l'agence de publicité Australie. Fou ? Indépendant, plutôt. Comme Evelyn Soum, qui dirige une autre agence parisienne, Ailleurs Exactement, ou Christophe Lafarge, l'un des patrons d'Enjoy, il a quitté depuis 2002 le giron d'Havas, en pleine restructuration de son offre. Les débuts ont parfois été difficiles mais tous se félicitent de la liberté acquise. Un exemple à suivre, alors qu'Havas va encore tailler dans ses branches (lire l'encadré) ?

Négocier sa sortie

Il a d'abord fallu négocier sa sortie. Créée en 1984 au sein de Bélier (Havas, déjà), Australie, représentée par la société des managers d'Australie (Vincent Leclabart, son frère Jérôme et Michel Jeanclaude), a dû contracter un emprunt pour racheter les 59 % que détenait Havas. Montant de l'opération ? La coquette somme de 5,4 millions d'euros. Les dirigeants d'Ailleurs Exactement, filiale à 90 % d'Euro RSCG devenue indépendante en juin 2002, ont eux aussi dû s'endetter, auprès de la banque OBC. Pas ceux d'Enjoy, en revanche. Fin 2001, Havas a consenti à cette agence contrôlée à 51 % un abandon de créances pour 2,3 millions d'euros, passant l'éponge sur les pertes avant de céder l'enseigne à Christophe Lafarge, Gilbert Scher et Élisabeth Billiemaz pour une somme symbolique.

Chez Enjoy, ces derniers ont dû ensuite se soumettre à« des efforts salariaux ».En clair, diminuer leurs revenus. Et quitter l'avenue de Villiers, dans le XVIIe arrondissement, pour Clichy. Au passage, pour un loyer 30 % moins élevé, ils ont doublé leur surface. Autre souci pour Australie. Elle avait quitté Havas car son développement international y était freiné, il lui fallait retrouver un groupe auquel s'adosser pour franchir ce palier. Après des contacts, Vincent Leclabart a tout arrêté :« Je n'ai pas accepté de devenir un salarié sans pouvoir au sein d'un groupe qui dicte tout dans un seul but : faire du profit à tout prix. »

L'indépendance comme leitmotiv

C'est le leitmotiv de ces indépendants : dans le contexte de pressions financières que vivent les filiales des groupes de communication, l'indépendance soulage de la pression.« Il y a eu une bouffée d'air dans nos comptes, et je ne vous parle même pas du temps passé en reporting »,note Evelyn Soum. Seulement, qui dit indépendance dit aussi plus grande responsabilisation. En particulier quand c'est vous qui êtes endetté...« L'indépendance, on l'a souhaitée, on n'est pas déçus,poursuit la même.Mais ce n'est pas la même chose quand la dette est à vous. La rentabilité, notion plus distante dans un groupe, devient alors une clé de la liberté, une condition de l'avenir. »

Moindre pression sur les résultats, motivation accrue des salariés, possibilité de les associer au capital ou de les intéresser aux résultats, liberté d'action pour gérer des budgets internationaux, à condition de trouver des alliés à l'étranger... Les avantages de l'indépendance sont multiples, mais ils ne sont rien à côté du confort psychologique qu'elle apporte.« L'indépendance n'est pas une valeur qui aide à dormir,indique Christophe Lafarge, d'Enjoy.Mais le confort est extrême à ne prendre que les décisions que vous avez envie de prendre. Ici, la première chose que les clients voient en entrant c'est le baby-foot. C'est révélateur d'un parti pris, mais c'est aussi ça que les clients attendent de nous : des choix engagés. Et rien ne permet plus d'adopter des positions radicales que d'être indépendants. »

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