
18/03/2004 -
Le long feuilleton ayant accompagné le départ pour Publicis d'Olivier Altmann, président en charge de la création, n'a-t-il pas déstabilisé l'interne mais aussi les clients de l'agence ?
François Blachère.Le départ d'Olivier Altmann a été bien préparé par Valérie Hénaff et Nicolas Bordas [devenu, lui, vice-président exécutif de TBWA\ France, maison mère de BDDP&Fils]. Du coup, Benoît Schmider et moi ne sommes pas arrivés dans une agence orpheline d'Olivier. En tout cas, je n'ai pas ressenti une agence ébranlée. Tout le monde est conscient que nous abordons un nouveau chapitre de l'histoire de BDDP&Fils.
Valérie Hénaff.Quant aux clients, nous n'avons eu aucun problème. Le départ d'Olivier était même devenu un sujet de plaisanterie entre nous ! Plus sérieusement, nous nous sommes aperçus que la marque BDDP&Fils et sa réputation étaient déterminantes pour les annonceurs.
Benoît Schmider.Après tout, la Fnac a bien choisi l'agence sachant qu'Olivier partait. Cela montre le poids de la marque.
Que comptez-vous faire avec ce capital ?
F.B.Si nous sommes là, c'est que nous pensons qu'il n'est pas complètement exploité. Nous avons la structure et les gens pour faire plus et doubler rapidement la taille de l'agence [dont la marge brute est estimée à 11 millions d'euros]. BDDP&Fils a déjà à son actif de très belles marques comme La Poste, BMW et Michelin. Mais il y a des secteurs sur lesquels nous ne sommes pas encore très développés comme l'alimentaire et les produits de grande consommation en général. Et ce, pas seulement au niveau national mais aussi à l'échelle internationale.
Dans cette optique de développement international, quelle sera la position de BDDP&Fils par rapport à sa « grande soeur » TBWA\Paris ?
F.B. BDDP&Fils veut se présenter comme une offre alternative dans le groupe TBWA. Il y a une source de clients à l'international, au-delà des budgets alignés nécessitant un maillage étroit dans des dizaines de pays. Certains, pour des raisons culturelles ou pragmatiques, cherchent à s'appuyer sur deux ou trois agences très créatives ayant à leur disposition des ressources larges comme BDDP&Fils.
V.H.De toute façon, l'agence n'a pas été créée pour être ou rester une hotshop créative. Elle est construite comme n'importe quelle grande agence avec son propre service de production TV ou d'achat d'art.
Pourtant, l'image de l'agence semble avoir été construite autour de son ancien directeur de création et de « coups » davantage destinés au microcosme publicitaire...
F.B.Il y a en effet un décalage entre la réalité de l'agence et la perception qu'on en a.
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