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Havas/Bolloré : la fièvre monte

05/05/2005

En rejetant les projets de résolution de son principal actionnaire, le conseil d'administration d'Havas déclare une guerre ouverte à Vincent Bolloré. À un mois de l'AG du 9 juin, ce dernier a-t-il encore des cartes en main ?

L'été dernier, alors que Vincent Bolloré s'invitait au capital du groupe Havas, une question ne cessait de tarauder médias et analystes : « Mais que cherche donc Bolloré ? » Huit mois plus tard, il semble bien que le principal intéressé lui-même n'ait plus la réponse à cette question.

Après un premier communiqué laconique en janvier 2005 sur sa prise de participation, faisant de sa filiale Bolloré Médias Investissements le premier actionnaire du groupe publicitaire avec 20,39% du capital, le groupe Bolloré s'est fendu d'une nouvelle missive tout aussi brève, le 22 avril, proposant de nommer quatre membres au conseil d'administration du groupe publicitaire : Vincent Bolloré en personne, Marc Bebon (représentant Bolloré Médias Investissements), Cédric de Bailliencourt (pour la société Bolloré Investissement) et Thierry Marraud, directeur financier de Bolloré.

Mais, moins d'une semaine plus tard, le conseil d'administration d'Havas repoussait fermement cette proposition, recommandant à ses actionnaires de voter contre lors de l'assemblée générale, prévue pour le 9 juin. Le lendemain, l'action Havas s'envolait de plus de 5% à la Bourse de Paris.

Chacun campe sur ses positions, dans un dialogue de sourds qui laisse perplexe.« Cette absence de communication entre Alain de Pouzilhac et Vincent Bolloré est tout de même troublante. Qu'est-ce que cela cache ? »,s'interroge Christophe Cherblanc, analyste à Société générale Equities. Autant dire que la réunion de début juin est attendue. Certains prédisent un affrontement houleux.

Toutefois, la place financière commence à penser que la marge de manoeuvre de Bolloré s'est sensiblement amenuisée. Le redressement financier et boursier d'Havas ces derniers mois n'y est pas étranger. Dernièrement, le gain par sa filiale Arnold du budget RadioShack (250 millions de dollars) aux États-Unis compense presque à lui seul la perte retentissante d'Intel en janvier.« Son tour des prétendants à une reprise d'Havas s'est manifestement soldé par une fin de non-recevoir. Bolloré est piégé »,constate un analyste, estimant que s'il vend ses actions aujourd'hui, le cours d'Havas s'effondre. Un petit jeu auquel il ne devrait pas se risquer, sa plus-value s'élevant tout de même à ce jour à quelque 77 millions d'euros.

Dans sa guerre de tranchées, Alain de Pouzilhac peut compter sur le soutien de la fougueuse Colette Neuville, présidente de l'Adam (Association de défense des actionnaires minoritaires), qui lui a envoyé une lettre datée du 27 avril s'opposant à une représentation du groupe Bolloré. Selon elle, cela« faciliterait une prise de contrôle rampante et compromettrait le bon fonctionnement du conseil ».

Du pain béni pour le président d'Havas, qui ne dit pas autre chose depuis le début de cette affaire, attendant, en vain selon lui, la présentation d'un projet structuré de la part de l'homme d'affaires breton. Mais, dans cette guerre par médias interposés, ce dernier peut, pour sa part, s'appuyer sur la déclaration tout aussi opportune de Fabrice Rémon, associé du cabinet Déminor :« Il est insensé et contraire à toutes les règles de gouvernance d'entreprise de ne pas accepter qu'un actionnaire aussi important ne soit pas représenté. »

Une division médias convoitée

Bref, Vincent Bolloré aurait intérêt à temporiser et à négocier un accord honorable avant l'AG du 9 juin.« Une solution serait de déclarer qu'il est là comme investisseur et qu'il baisse ses prétentions en termes d'administrateurs »,suggère un analyste. Mais, pour Jacques Falzon, de KBC Securities, il ne faut écarter aucune éventualité :« L'insistance de Bolloré à vouloir entrer au conseil d'Havas laisse présager une suite, genre offre publique d'achat, dans laquelle Bolloré pourrait faire office de cheval de Troie. »Avec WPP ou Publicis en embuscade ? MPG, la division médias d'Havas, est en effet très convoitée. Mais, pour Bolloré, l'exercice est périlleux. Car s'il entre au conseil d'administration d'Havas, souligne un analyste, l'éventualité d'un tel coup pourrait le placer en position de délit d'initié.

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