Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

création

« La publicité a perdu sa naïveté »

19/05/2005

Michel Coudeyre est l'un des fondateurs du Club des directeurs artistiques, et son secrétaire général depuis 1977. À la veille de quitter ses fonctions, il revient sur près de quarante ans de création publicitaire.

Vous quittez le secrétariat général du Club des DA alors que celui-ci rejoint l'Association des agences-conseils en communication (AACC). Pourquoi ce rapprochement ?

Michel Coudeyre.Les agences contribuent financièrement à l'AACC, et nous ne trouvions pas normal que le Club n'en profite pas. L'AACC nous apporte un bureau et un demi-salaire pour nous aider à monter notre remise de prix, le voyage à Cannes, les échanges avec l'étranger, le livre, l'exposition... Son webmestre nous aide à rendre notre site plus vivant. Cela intéresse aussi l'AACC de corriger son déficit d'image quant à la création.

Les missions du Club des DA ont-elles changé depuis sa création en juillet 1968 ?

M.C.Le Club est né alors que les méthodes américaines arrivaient en France : les teams créatifs, la copie stratégie, l'« unique selling proposition »... Après un voyage aux États-Unis en 1966, plusieurs publicitaires ont pris conscience de la pertinence de ce modèle, et ont souhaité regrouper la profession. Les raisons d'être du Club n'ont pas évolué : c'est toujours de faire l'éducation des gens qui font la publicité. Dans la mesure où celle-ci s'impose à tous, le moindre de nos devoirs est qu'elle soit propre, intelligente et respectueuse des consommateurs. Le Club a aussi pour but de témoigner des évolutions techniques, de mettre en avant les tendances. Ses catalogues offrent un panorama de la publicité française depuis presque quarante ans.

C'était vraiment différent avant ?

M.C.Lorsque j'ai commencé en 1963 à la Snip (Société nouvelle d'information et de publicité), nous faisions tout : maquettes, photos, deux rédacteurs s'occupaient des textes. C'était le règne des illustrateurs, tel Savignac. Je me souviens de Jean-Paul Goude faisant des illustrations à la manière des dessins de mode des années quarante. À l'époque, les annonceurs avaient honte de faire de la publicité. Pourtant, aux États-Unis, les publicitaires étaient des héros de fiction :La Mort aux trousses, Ma Sorcière bien-aimée, etc. La profession n'était pas du tout structurée.

Dès le départ, le Club des DA s'est ouvert à d'autres modes d'expression : édition, PLV, radio...

M.C.Pour le premier catalogue, nous avons insisté auprès deParis Matchpour avoir leur une sur la mort de Walt Disney, avec Mickey la larme à l'oeil. Aux États-Unis, la création du Club, en 1927, avait d'abord pour but de montrer les meilleures couvertures de magazines. C'est plus tard que la publicité a pris de l'importance. On aurait dû s'appeler le Club des créatifs...

Comment le Club a-t-il réagi aux débats qui ont agité la publicité ?

M.C.Les affiches couvertes de graffitis, récupérées plus tard par la publicité, ce n'est pas nouveau. Il y a toujours eu des gens pour considérer que la publicité était intempestive. La publicité est partout, donc on ne lui fait aucun cadeau, mais la proportion de bonnes pubs par rapport aux mauvaises est restée la même. Aujourd'hui, il y a une timidité épouvantable par rapport à la religion, comme l'a montré l'interdiction de l'utilisation deLa Cènepar Marithé&François Girbaud.

Pour vous, quelles sont les campagnes qui se détachent ?

M.C.Volkswagen, Perrier, Eram et Lacoste ont créé de vraies sagas. Mais les produits sont plus compliqués qu'avant. Dans les années soixante, avec le produit sur une table et une astuce, on faisait une campagne. De nos jours, on n'a plus cette naïveté. On ne vend plus des produits mais des services, on s'adresse à des publics spécifiques. Avant, on vendait la moutarde comme une petite sauce qui donne du goût, aujourd'hui, comme un art de vivre.

En savoir +

>www.leclubdesad.org

Envoyer par mail un article

« La publicité a perdu sa naïveté »

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.

Plus d’informations sur les agences avec les Guides Stratégies

W