Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

publicité

Chez Havas, le choc des mots et le poids des talents

09/06/2005

Quelle est la valeur des talents dans un groupe publicitaire ? C'est sur cette question qu'Alain de Pouzilhac, président d'Havas, a tenté d'amener les actionnaires du groupe à se prononcer.

Que valent Mercedes Erra et Stéphane Fouks dans un groupe comme Havas ? In fine, c'est bien sur cette question que les actionnaires du numéro cinq mondial de la publicité étaient appelés à se prononcer, ce jeudi 9 juin, pour trancher le différend qui oppose depuis de longs mois Alain de Pouzilhac, PDG du groupe, et Vincent Bolloré, son premier actionnaire. Réunis pour une assemblée générale très attendue, les actionnaires d'Havas n'avaient certes pas à décider de l'avenir personnel du chairman et du CEO d'Euro RSCG France, le navire amiral du groupe. Mais, comme Alain de Pouzilhac n'a pas manqué de le rappeler dans un entretien accordé auxÉchosle 6 juin dernier, les entreprises de publicité ne sont pas des usines. Leur succès repose avant tout sur les hommes et les femmes qui y travaillent.

Ce n'est pas un hasard si Mercedes Erra et Stéphane Fouks se sont fendus d'une intervention remarquée dansLe Figarodu 2 juin, clamant en choeur :« Nous voulons continuer à travailler avec Alain de Pouzilhac. »Et Stéphane Fouks de déclarer qu'« il n'est pas rationnel de déstabiliser Havas au moment même où le redressement est là ». Des prises de position plutôt inattendues de la part de managers jusqu'ici peu habitués à afficher publiquement leur opinion sur la stratégie du groupe. Vincent Bolloré et son conseiller Michel Calzaroni, de DGM, auraient-ils négligé cet aspect du dossier ? Plusieurs managers du groupe publicitaire ont en fait été contactés en amont. Tentative infructueuse, selon Alain de Pouzilhac...

Le capital humain aura été la principale arme brandie par le patron d'Havas, qui était conseillé par Anne Méaux, d'Image 7. Une manière de répondre aux attaques de Vincent Bolloré. Depuis le début, l'homme d'affaires n'a eu de cesse de mettre en cause ses capacités de management, ne se privant pas de comparer les « contre-performances » d'Havas aux succès de son concurrent national, Publicis. Un argument classique pour le Breton, qui s'est souvent présenté en redresseur de société. Seulement voilà : si la cure d'amaigrissement imposée à Havas par Alain de Pouzilhac s'est soldée par 1 600suppressions d'emploi, soit 9,8 % des effectifs, elle a aussi fini par porter ses fruits. Le groupe affiche une marge d'exploitation en progression de 13,2 % en 2004, contre 8,3 % l'année précédente, et une croissance organique de 1,4 % au premier trimestre 2005 (+ 0,7 % lors de la même période en 2004).

Rassurer les actionnaires

Ce 9 juin, le choix des actionnaires donnera donc une bonne indication de ce que pèsent les hommes d'un groupe publicitaire aux yeux des actionnaires. Car si le patron d'Havas devait être désavoué, on n'imagine guère les principaux managers du groupe, à commencer par Mercedes Erra et Stéphane Fouks, rester en place. Même s'il y a eu des précédents célèbres : David Ogilvy, initialement opposé à la vente de son groupe à WPP, en 1989, avait commencé par traiter le raider Martin Sorrell« d'odieuse petite merde », avant de changer brusquement d'avis... en même temps qu'il héritait d'un poste de président honorifique.

Pour rassurer les actionnaires, Vincent Bolloré s'est contenté d'affirmer que les talents ne manquaient pas dans le secteur. Sa façon d'agiter le chiffon, dansLe Mondedu 4 juin, sur une éventuelle arrivée à la tête d'Havas de Jean-Marie Dru, président de TBWA (aussitôt démentie par l'intéressé), a été jugée maladroite par les analystes. On a aussi parlé de Jean-Claude Boulet comme éventuel recours... Lui aussi a démenti.

Reste la question : qu'adviendra-t-il si Vincent Bolloré n'obtient finalement pas gain de cause, notamment sur sa représentation au conseil d'administration ? Compte tenu de ses relations avec le management, il pourrait lancer ou participer à une OPA. Après, une vente par appartements est envisageable.« Publicis pourrait fort bien être intéressé par le pôle marketing services d'Havas, et WPP par Euro RSCG, réalisant ainsi une fusion qui a toujours fait sens avec Grey »,note un analyste financier. Avec ou sans les talents en place.

Envoyer par mail un article

Chez Havas, le choc des mots et le poids des talents

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.