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Combien de temps tiendra-t-il ?

16/06/2005

Une fois digéré son échec à l'assemblée générale du 9 juin, Alain de Pouzilhac a décidé de rester à son poste de PDG d'Havas. Une nouvelle passe d'armes en perspective avec Vincent Bolloré.

Nous avons été trahis par quelqu'un qui devait nous aider. C'est malheureusement l'histoire de la vie... J'entends maintenant assumer pleinement mes responsabilités. Je mettrai tout mon coeur et toute mon énergie pour continuer le redressement de notre entreprise... Vous pouvez compter sur moi. »Ces quelques phrases résument l'esprit du long courriel envoyé par Alain de Pouzilhac à tous les collaborateurs d'Havas, le 10 juin au soir. Après vingt-quatre heures de silence, le PDG du groupe publicitaire, amer mais combatif, tirait « ses » conclusions du cinglant échec que, la veille, lui avait infligé Vincent Bolloré, principal actionnaire, en obtenant contre son avis quatre sièges au conseil d'administration lors de l'assemblée générale. Fortement tenté par une démission après ce camouflet, Alain de Pouzilhac s'est finalement résolu à rester à son poste. Jusqu'à quand ?

Six administrateurs « neutres »

Le duel du 9 juin a laissé des traces. Tensions extrêmes, petites phrases assassines, suspension de séance, trahison... Tous les ingrédients étaient là pour faire de ce rendez-vous un psychodrame médiatico-financier. Cela n'a fait qu'envenimer les relations entre Alain de Pouzilhac et Vincent Bolloré, qui a investi, à ce jour, quelque 350 millions d'euros dans Havas. Un coin a même été enfoncé au coeur de l'équipe de direction du groupe. Ami de longue date de l'homme d'affaires iranien Amir Jehanchahim, Jacques Séguéla est sous pression. Cet émissaire du fonds Sebastian Holdings (d'Alexander Vik) avait été présenté comme un investisseur ami lorsqu'il s'était porté acquéreur, en mars dernier, de 4,9 % du capital d'Havas : c'est lui qui a fait basculer l'AG du 9 juin en s'alliant à la dernière minute à Bolloré et en signant un pacte d'actionnaires avec celui-ci.« Nous avons péché par confiance,reconnaît le vice-président d'Havas chargé de la création,mais je reste fidèle à Alain et ne compte évidemment pas prendre sa place, son métier n'est pas le mien. Si Bolloré dévie Havas de sa ligne ou nous vend à l'étranger, ce sera sans moi. »

Les choses pourraient se clarifier lors du prochain conseil d'administration, dont la date n'était pas arrêtée lundi 13 juin en fin d'après-midi. Mais ce rendez-vous s'annonce électrique et l'on peut parier que les téléphones ont chauffé ces derniers jours, chacun comptant ses soutiens parmi la demi-douzaine d'administrateurs « neutres » sur les dix-huit composant désormais le conseil.« Tout le monde a intérêt à ce qu'Havas marche le mieux possible. Le business doit reprendre ses droits »,essaie de se convaincre Alain Cayzac, vice-président. Mais qui peut croire un instant que la situation puisse rester en l'état ?« Une fois lancée, la machine Bolloré n'est pas du genre à s'arrêter,note Philippe Calleux, président de l'agence-conseil en communication financière Calyptus.Le risque est de voir partir les managers opérationnels du groupe. »

Deux issues

Or le rejet des résolutions sur l'attribution gratuite d'actions et les augmentations de capital réservées aux salariés du groupe lors de l'assemblée générale permettent à Bolloré de garder une carte en main tout en fragilisant la politique interne d'Alain de Pouzilhac.« Si on écoute ce qu'il dit, Bolloré croit beaucoup en notre entreprise, mais il lui faudra expliquer ce refus. Dans nos métiers, ce système d'intéressement peut être déterminant. Il ne faut pas oublier qu'au quotidien, le business, c'est nous »,tient à rappeler Mercedes Erra, présidente d'Euro RSCG France.« Vincent Bolloré en est conscient. L'intérêt d'Havas est que toute cette agitation cesse »,indique un proche de l'homme d'affaires, qui ne voit que deux issues positives pour le groupe : une relation normale et pacifiée entre le PDG et le premier actionnaire ou... la démission d'Alain de Pouzilhac. Dans une telle perspective, l'entourage de Bolloré laisse toujours planer l'éventualité de l'arrivée de Jean-Marie Dru, en dépit des dénégations du président de TBWA Worldwide.« Sinon, les talents en interne ne manquent pas »,lâche un collaborateur de l'homme d'affaires, qui n'a toujours pas dévoilé toutes ses intentions.

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