
30/06/2005 - Le Centre Pompidou présente un panorama des préoccupations du design actuel, aux frontières de l'art et des sciences humaines.
Après une série de monographies, dont la rétrospective Mallet-Stevens actuellement à l'affiche, l'univers du design a droit à une exposition thématique au Centre Pompidou, à Paris. « D. Day, le design aujourd'hui » est l'intitulé de la manifestation, qui est visible du 29 juin au 17 octobre 2005. La commissaire de l'exposition, Valérie Guillaume, a voulu rendre compte des sujets d'actualité qui préoccupent les designers : développement durable, nouvelles technologies, relation aux sens, etc.« L'objectif était d'ouvrir l'exposition à tous les champs du design, de façon décloisonnée,expliquait-elle la semaine dernière dans la galerie encore en chantier.Certains travaux se rapprochent de l'art contemporain, d'autres de l'anthropologie. »
Le résultat est un reflet de l'époque, souvent imaginative, parfois anxiogène. L'un des clous du parcours est l'installation du designer Olivier Peyricot, qui a conçu un meuble garni de rations alimentaires. Emballées, les pâtes, lamelles de gingembre ou fèves servent à la fois de coussins et de provisions.« Je cherche comment le confort peut être enrichi de sécurité,explique le créateur.Ce radeau de survie peut sembler pessimiste, mais c'est aussi le rôle du design de réfléchir à l'avenir de l'espèce. »Son présent est incarné par les nombreuses solutions de systèmeD destinées aux populations en difficulté : hôtels en kit pour les sans-abri de New York, cuiseurs solaires pour les camps de réfugiés, ballon biogaz, alimenté en déchets organiques, pour fournir de l'énergie à un village de Tanzanie, etc.
Le travail sur le vivant trop complexe à monter
Une large place est réservée au design universel, c'est-à-dire utilisable par tous, enfants, personnes âgées ou à mobilité réduite.« Il existe des directives européennes pour inciter les designers à travailler selon ce principe,commente Valérie Guillaume.Cela crée de nouvelles gestuelles, comme appuyer sur un bouton au lieu de tourner pour essorer la salade ou moudre du poivre. On découvre que les gestes que l'on croyait innés sont en fait culturels. »
L'exposition se termine sur l'explosion des nouvelles technologies et, en premier lieu, de l'envahissant téléphone portable.« Avec l'iPod, c'est vraiment l'objet des années 2000 »,souligne Valérie Guillaume. Les designers s'en donnent à coeur joie, désossant par exemple des électrophones Technics des années soixante-dix pour les truffer de puces ultramodernes.
Valérie Guillaume a-t-elle dû éliminer des thèmes dans son panorama du design d'aujourd'hui ?« J'aurais aimé montrer le travail sur le vivant, par exemple ces pastèques que l'on fait grandir dans des cubes pour faciliter leur transport. Mais il aurait fallu exposer des plantes en train de pousser, cela posait trop de problèmes techniques. »Les plantes, plus compliquées qu'un bijou de technologie ? Voilà qui illustre à merveille le paradoxe actuel.
En savoir +
>www.centrepompidou.fr
L'automobile ne peut pas être absente d'une exposition sur le design. On la retrouve à travers un prototype de Peugeot, utilisé par le studio couleurs et matières du constructeur pour tester des décors intérieurs. Motorola propose une bombe de peinture virtuelle qui permet de réaliser des graffitis sur un écran et de les envoyer ensuite sur son téléphone portable. Oxo et Etac présentent des objets utilisables par les handicapés, Lafuma apporte un exemple d'écoconception, les parfums de Beauté prestige international et le diffuseur d'odeurs de France Télécom participent au thème des sens.
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