Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

Savoir passer le flambeau

22/09/2005

Une génération de publicitaires français s'apprête à laisser la place. La transmission n'est pas forcément une chose aisée.

Le mois prochain, Hervé Brossard laissera, à cinquante-six ans, la présidence du groupe DDB France pour occuper des fonctions élargies au niveau international. Pour le remplacer à Paris, on évoque la solution d'un trio composé de Xavier Romatet, Bertrand Suchet et Jean-Pierre Séguret. Un homme issu des marketing services, un autre de la publicité, un troisième plus « fonctionnel », en charge des finances. Un équilibre nécessaire, pour certains. Une étape transitoire, pour d'autres. Un compromis, en tout cas. Et la fin d'une époque chez DDB, où Hervé Brossard est entré en 1985 et dont il occupe la présidence depuis 1989.

Le passage de flambeau n'est jamais chose aisée. Dans la publicité peut-être encore moins qu'ailleurs. « C'est la loi du genre : brutale et sans pitié, confie Jacques Séguéla, soixante et onze ans, vice-président d'Havas depuis trente-cinq ans. Lui-même se présente non sans coquetterie comme un « vieux débris qui se bat pour que les quadras prennent le pouvoir ». Mais « le métier a besoin de vieux cons pour calmer le jeu et protéger les jeunes pousses », ajoute-t-il immédiatement, facétieux. Si Séguéla est toujours à la barre, l'un de ses acolytes de RSCG, Alain Cayzac, soixante-quatre ans, est donné partant de chez Havas depuis l'éviction d'Alain de Pouzilhac en juin dernier.

Dans les groupes cotés en Bourse, qui représentent environ 80 % du marché de la communication, la question de la transmission est régulièrement soulevée. Le jeu consiste à repérer, dans le vivier des managers en place, ceux qui pourraient être les dauphins du grand patron charismatique. C'est ainsi que chez ­Publicis, les pronostics se font et se défont tous les six mois... Personne ne saurait dire ce que Maurice Lévy, soixante-trois ans, a en tête. Seule certitude, le statut des membres du directoire a été modifié début 2002, leur mandat devant prendre fin lors de l'assemblée générale qui suit leur soixante-dixième anniversaire. Maurice Lévy peut donc attendre jusqu'en juin 2012 pour passer la main.

Parmi les autres figures de la publicité hexagonale, Philippe Gaumont (FCB), soixante-cinq ans, et Jacques Bordelais (Leo Burnett, enseigne de Publicis), bientôt soixante ans, prépareraient leurs départs, Guillaume Pannaud et Patrick Mercier étant souvent présentés comme leurs dauphins respectifs. Mais les intéressés n'ont jamais confirmé.

Garants de la pérennité

« C'est une démarche qui est faite dans n'importe quelle entreprise », rappelle Jean-Claude Boulet, président de Harrison&Wolf. À soixante-quatre ans, il a, lui, déjà planifié le passage de flambeau en vendant la moitié de ses parts aux managers de l'agence. « Je ne suis pas fasciné par la retraite et je n'ai pas besoin d'argent, précise-t-il. Mais je souhaitais assurer la pérennité de l'équipe. » Une préoccupation qu'ont très souvent les groupes acquéreurs de petites structures, qui demandent aux dirigeants de rester en place après avoir cédé leurs parts. À la différence de Jean-Claude Boulet, Hubert de Montmarin (Jean&Montmarin), soixante et un ans, se voit toujours à la tête de son agence dans dix ans. « Pour moi, parler de retraite n'est pas d'actualité. Mais parlons de nos nouveaux clients, si vous voulez. » Il n'y a pas d'âge pour s'en aller.

Envoyer par mail un article

Savoir passer le flambeau

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.