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Bolloré assure ses arrières

06/10/2005

Principal actionnaire et président d'Havas, Vincent Bolloré est devenu le premier actionnaire d'Aegis. Publicis est-il prêt à payer le prix fort pour prendre le contrôle du groupe britannique ?

La partie de poker menteur bat son plein. Dans la ­bataille que se livrent désormais Maurice Lévy et Vincent Bolloré autour d'Aegis, tous les scénarios restent possibles. Sans compter que WPP serait à son tour sur les rangs, avec la société américaine de capital-risque Hellman&Friedman. Comme à son habitude, Vincent Bolloré, principal actionnaire et président d'Havas, anime le marché. Après être monté à 11,38 % d'Aegis samedi 1er octobre, devenant ainsi le premier ­actionnaire de la maison mère de Carat, devant le fonds d'investissement américain Harris Associates, il a annoncé, mardi 4 octobre, avoir porté à 12,6 % sa participation dans le groupe britannique d'achat d'espace et d'études. ­Depuis sa première incursion dans Aegis en août dernier, ­l'homme d'affaires breton a ainsi déboursé plus de 230 millions d'euros.

Cette montée au capital d'Aegis lui permet de se poser en interlocuteur incontournable, d'autant que la ­réglementation boursière britannique permet au détenteur d'un dixième du capital d'une société cotée de refuser de céder ses parts à un possible repreneur et de s'opposer au retrait de la cote du titre en question. Pour Publicis, reprendre Aegis dans la perspective de devoir composer avec un actionnaire minoritaire qui n'est autre que le président d'Havas, serait plutôt agaçant... « En mettant ainsi une épée de Damoclès sur tout éventuel repreneur, Vincent Bolloré a la ­capacité de bloquer une offre publique d'achat, en tout cas d'en négocier chèrement son bon déroulement », note ainsi Laurent Marie, analyste chez Oddo Pinatton Equities.

Le risque : isoler Havas

Certains opérateurs restent persuadés que Bolloré ne cherche finalement qu'à réaliser sur Aegis ce qu'il n'est pas parvenu à faire sur Havas : profiter d'une OPA pour vendre au plus haut. Mais encore faut-il que l'opération qu'il est susceptible de faire sur Aegis ne pénalise pas Havas, un groupe dans lequel il a tout de même investi plus de 450 millions d'euros. Or, pour l'heure, avec Havas dans sa configuration ­actuelle, il est encore très loin des plus-values qu'il a l'habitude d'engranger. Sans compter que, souligne Pierre Bucaille, analyste chez Fideuram Wargny, « une OPA de Publicis ou d'un autre groupe sur Aegis, sans contrepartie autre que financière pour Bolloré, isolerait encore davantage Havas sur le marché de l'achat d'espace mondial. Or, sur ce marché, l'effet de taille est plus que jamais déterminant pour décrocher des budgets. »

On peut penser que, de son côté et en tant que numéro deux mondial sur ce marché, Publicis n'est pas ­condamné à surenchérir pour une éventuelle offre sur Aegis, avec lequel il aurait déjà évoqué le prix de 140 pence par action. Au-delà de 160 pence, le marché ­estime en effet l'opération risquée pour le groupe français. Mais le jeu pourrait tout de même en ­valoir la chandelle. Ainsi, Publicis et Omnicom réalisent aujourd'hui en ­Europe à peu près le même volume d'affaires en achat d'espace. Un rachat d'Aegis par ­Omnicom poserait de sérieux problèmes à Publicis sur un marché historique pour lui. A contrario, s'il rachetait Aegis, le groupe présidé par Maurice Lévy instaurerait un écart confortable d'environ 10 % de part de marché - tout comme WPP- avec ses concurrents Interpublic et Omnicom.

Un tel contexte est de fait favorable à Vincent Bolloré. Bien que dans l'impossibilité d'acheter seul Aegis, il se trouve en position de faire reculer Publicis ou de négocier avec lui ou un autre des cessions de parties du groupe britannique au profit d'Havas. Et si aucune opération ne se conclut ­finalement sur Aegis, il aura toujours la possibilité, en qualité de principal ­actionnaire, de sceller entre ce dernier et Havas des alliances globales ou ponctuelles. Bref, comme à son habitude, Bolloré sait doter son jeu de nombreux atouts. M. Lévy, à vous de jouer !

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