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Vincent Bolloré reprend la main

01/12/2005

Après le retrait de WPP dans le dossier Aegis, l'homme d'affaires est pressé par le marché d'annoncer ses intentions pour le groupe britannique et pour Havas. Lui semble vouloir prendre son temps.

Vincent Bolloré a enfin les mains libres », pouvait-on lire dans la presse peu après l'annonce, le 25 novembre, du retrait de Martin Sorrell, PDG de WPP, dans l'affaire du rachat d'­Aegis. Mais les mains libres pour quoi faire ? Avec 25,05 % du capital du groupe britannique d'achat d'espace et d'études, celui qui est aussi le principal ­actionnaire d'Havas (23,8 %) a certes la possibilité, comme l'a rappelé le ­Takeover Panel, organisme de régulation britannique des fusions-acquisitions, de lancer une offre sur Aegis. Une hypothèse que ne goûtent guère les marchés financiers, soulignant que Havas et Aegis sont géographiquement peu complémentaires : tous deux sont faibles en Amérique du Nord et, à l'inverse, très fortement implantés sur les mêmes marchés européens, ­notamment la France et l'Espagne. Sur le papier, l'association placerait tout de même le nouvel ensemble en troisième position sur le marché mondial de l'achat d'espace (derrière WPP et Publicis), avec 12,7 %, selon les estimations 2005 de Recma.

Les pieds dans le tapis ?

Mais l'éventualité d'un rachat d'Aegis par Bolloré semble improbable compte tenu des investissements qu'il faudrait débourser. Une opération conjointe avec WPP aurait eu le mérite de diminuer la note. « Personne ne comprend rien à la stratégie de Vincent Bolloré, commente sévèrement un analyste. Il ­paraît de plus en plus évident qu'il s'est pris les pieds dans le tapis, une première fois avec Havas et cette fois avec Aegis, croyant initialement, sur chacun de ces dossiers, faire un aller-retour juteux. »

Erreur de jugement, stratégie ­habilement cachée ou ni l'un ni l'autre ? De fait, l'homme d'affaires se retrouve dans la position de l'investisseur au long cours, ce qu'il a d'ailleurs toujours revendiqué... Compte tenu des prix auxquels il a acquis ses actions, il lui faudra être patient pour rentabiliser ses 400 millions d'euros investis dans Havas et les quelque 515 millions dans Aegis. Mais l'homme a du temps. En attendant, et en sa qualité d'actionnaire de référence des deux groupes, il peut envisager de développer des partenariats entre les filiales d'achat d'espace (MPG pour Havas, Carat et Vizeum pour Aegis). Une piste que n'écartait pas le patron d'Aegis, Robert Lerwill, il y a encore un mois, même s'il n'est pas exclu qu'une telle déclaration ­cachait alors quelques ­arrière-pensées boursières.

L'annonce d'un tel accord, lors de la présentation tant attendue mi-­décembre du nouveau plan stratégique d'Havas, serait un signal apprécié du marché. Encore faut-il que ­Vincent Bolloré n'ouvre pas un nouveau front, cette fois intérieur, avec une méthode de management trop expéditive. En témoignent les négociations houleuses sur les départs d'Alain Cayzac et surtout de Jacques Hérail, respectivement vice-président et directeur général ­financier d'Havas.

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