
01/12/2005 - Éric Dalsace crée son agence à partir d'un petit groupe de professionnels et d'un réseau d'indépendants.
Les amateurs de musique progressive connaissent Caravan, un groupe de Canterbury des années soixante-dix. Il a influencé le publicitaire Éric Dalsace pour baptiser l'agence qu'il vient de lancer. Ce quadragénaire aux cheveux longs y a trouvé des thèmes qui lui sont chers : la mobilité, la vie en communauté et l'esprit collectif. « Je voulais surtout éviter l'image de la balle de tennis à l'arrière de la voiture qu'évoque le mot en français », s'amuse le publicitaire, qui roule à moto. Après une carrière qui l'a mené à Publicis, DDB, Select et dernièrement De Bonneville Orlandini, il rejoint la cohorte des déçus des agences partis créer leur propre structure. Le contexte de précarisation du travail a évidemment pesé dans sa décision.
« Les agences sont dans une logique économique terrible, témoigne-t-il. Il faut gérer des prestations de plus en plus larges, avec des rémunérations en baisse, tout en ayant une politique sociale. Plus personne ne croit à son entreprise, si bien que personne n'est responsable. Les créatifs sont déconnectés de la réalité économique de leur agence. »
Recherche de fluidité
Pour monter Caravan, Éric Dalsace s'est entouré de collaborateurs « pragmatiques, qui ont une vraie relation à l'argent » : la directrice de clientèle Isabelle Bentrovato, les directrices de création Nora Bordjah et Christine Monnet, les agences CLB&A pour le graphisme, Prime Time pour l'achat média et Avence pour la communication interactive. Caravan est aussi associée à Carat Culture, à un spécialiste des tendances et à un designer travaillant la lumière. Autant de personnalités réunies par affinités, et qui ont toutes plus de trente-sept ans. « Le jeunisme est un travers de la publicité », soutient Éric Dalsace. Caravan se veut cependant autre chose que la énième agence « free-lance » ou « virtuelle ». « Les agences free-lances sont souvent des systèmes assez opaques. En revanche, les directeurs de création qui recourent à des free-lances sont dans une relation plus directe qu'avec leurs équipes intégrées. »
C'est cette fluidité qu'il souhaite recréer. Son expérience des budgets dans les secteurs du luxe, de la culture et de la distribution se retrouve dans les premiers clients qui lui font confiance : le Carrousel du Louvre, les opérations culturelles de la Mairie de Paris et les Fleurs de Bach, une marque de préparations à base de fleurs et de plantes censées influer sur l'humeur. Celle d'Éric Dalsace, qui vise 250 000 euros de marge la première année, est plutôt à l'optimisme.
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