Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

« Forger une culture commune »

02/02/2006 - par Entretien : Marie Maudieu et Olivier Mongeau

Coprésident de Publicis Conseil en charge de la création, Olivier Altmann vient d'être nommé président du board créatif mondial de Publicis. Il en explique le fonctionnement et les bénéfices.

Vous avez été nommé en janvier président du board créatif mondial de Publicis. Ces comités internationaux ne sont-ils pas des gadgets ?

Olivier Altmann. Je ne le pense pas. La plupart des grands réseaux, comme Leo Burnett et Saatchi&Saatchi [filiales de Publicis Groupe], disposent de telles structures, et depuis longtemps. C'est donc sans doute qu'elles sont utiles. Elles permettent de forger une culture commune, de partager des ambitions. À Publicis, cette culture commune est en train de naître.

Reprenez-vous les fonctions de David Droga, qui a créé sa propre enseigne au sein de Publicis ?

O.A. Pas tout à fait. David Droga était directeur de création monde. Sa mission était, depuis New York, d'être un aimant international pour attirer les talents dans le réseau au moment où celui-ci se restructurait du côté de la création et, sur le marché américain, d'être une figure capable de faire le poids. Il était également sollicité lors de compétitions internationales à dominante anglo-saxonne. Même si je peux être impliqué dans des « pitchs » européens, je reste basé à Paris, où j'ai comme mission de continuer à faire briller l'agence Publicis Conseil, à laquelle je consacre l'essentiel de mon temps.

Comment le board créatif mondial fonctionne-t-il ?

O.A. Tous les trois ou quatre mois se réunissent les directeurs de création des principales agences du réseau, une vingtaine. Le prochain board aura lieu à Shanghai, dans la semaine du 27 février. Nous nous livrons à une analyse critique des travaux les plus intéressants de chaque agence, nous choisissons aussi les campagnes que nous inscrivons dans les festivals créatifs. C'est également l'occasion de définir les grandes orientations du moment en termes de recrutement.

Quels sont les bénéfices pour Publicis ?

O.A. Ils ne sont pas quantifiables. Cela nous aide à forger et à diffuser une culture commune dans le réseau. Nous éditons par exemple un « show case », une sorte d'annuaire régulier présentant les meilleurs travaux. Dans le même esprit, nous allons récompenser les talents au travers du système des Awards, autour d'une même idée : « Fortune Favors the Brave » (la chance sourit aux audacieux), pour promouvoir un état d'esprit innovant. C'est donc un outil de partage de culture et d'émulation. Nous allons aussi mettre en place un programme d'échange de talents au sein du réseau.

Et pour vos clients ?

O.A. Je vous citerai l'exemple de la campagne « Hype » de HP, élaborée à Londres et que nous avons importée en France, avec succès je crois. Sans l'existence du board, le transfert de cette démarche - mettre des moyens à la disposition de créatifs pour qu'ils puissent s'exprimer et exposer leurs travaux dans un lieu spécifique- n'aurait peut-être pas eu lieu.

Vous avez rejoint Publicis Conseil il y a deux ans. Quel bilan tirez-vous ?

O.A. Les premiers mois, il a fallu se mettre en place, apprendre à travailler ensemble. Cette année, aux Eurobest, nous avons été élus deuxième meilleure agence européenne, derrière TBWA Paris et devant DDB Londres, et nous avons gagné le Grand Prix pour Wonderbra. À Cannes, nous avons remporté deux Lions, pour Sagem et Club Med. Je ne crois pas me souvenir que cela soit déjà arrivé à Publicis.

Quel chemin reste-t-il à parcourir ?

O.A. Nous sommes revenus dans la course. Il faudrait maintenant la faire en tête. C'est beaucoup plus difficile, parce que les compétiteurs s'appellent Wieden&Kennedy, Crispin, Porter&Bogusky, Mother, BBH, etc. Nous avons une sorte de révolution culturelle à accomplir pour passer dans le xxie siècle de la communication : les structures sur lesquelles les agences se sont construites n'ont pas fait leur mue, nous travaillons beaucoup « en silo ». Mais les choses bougent. Pour Renault, nous constituons une équipe transversale, regroupant toutes les disciplines dans un même lieu. Le simple fait que l'idée de l'un puisse vivre dans le cerveau de l'autre, à trois mètres de lui, nous aidera à avancer.

Envoyer par mail un article

« Forger une culture commune »

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.

Plus d’informations sur les agences avec les Guides Stratégies