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L'opinion, nouvelle corde à l'arc de Vincent Bolloré ?

13/07/2006 - par Alain Delcayre

Poursuivant ses investissements dans la communication, l'homme d'affaires négocie son entrée au capital de l'institut de sondages et d'enquêtes d'opinion CSA.

Après la production audiovisuelle (SFP et Streampower), le cinéma (Gaumont), la radio (Radio des nouveaux talents), la télévision (Direct 8), la presse gratuite (Direct Soir), la publicité (Havas et Aegis) et dernièrement les télécoms, via douze licences Wimax chèrement acquises (lire encadré), Vincent Bolloré poursuit ses emplettes sur le marché de la communication. Depuis le mois de juin, son groupe est en négociation exclusive pour une entrée dans le capital de l'institut de sondages et d'enquêtes d'opinion CSA (140 salariés et 32 millions d'euros de chiffres d'affaires). L'homme d'affaires devrait prendre les 12 % du capital détenus par le fonds d'investissement Siparex, qui souhaite se désengager six ans après avoir investi dans l'institut. Et avec le rachat d'une partie des ­actions des fondateurs (Claude Suquet, Roland Cayrol, Claude Tharreau et Jean Oddou), le groupe Bolloré porterait, au final, sa part à environ 30 %.

Synergies et modeste prix

« De part et d'autre, nous souhaitons nous donner le temps de conclure », ­indique-t-on chez Bolloré, où l'on ne prévoit pas la signature d'un accord avant l'automne. « Parmi les candidats que nous avons pu voir, Vincent Bolloré s'est rapidement montré le plus intéressé. Il est industriel autant que financier, et c'est bien pour CSA d'avoir à ses côtés un groupe qui s'intéresse à la communication », commente Claude Suquet, PDG de l'institut d'études.

Cette dernière voit dans l'éventualité de cet accord avant tout une opportunité de se développer sur Internet : « Comparé aux États-Unis ou à la Grande-Bretagne, où près du tiers, voire plus, du recueil de l'information passe par le Web, le marché français est très en retard. » Toutefois, au regard du montant des investissements relativement modiques pour développer des outils sur le Net, on peut penser qu'il ne s'agit pas là de la seule motivation de cette transaction. La dimension patrimoniale d'une telle opération n'est évidemment pas à négliger, tout comme la possibilité de développer l'activité de l'institut via les sociétés liées au groupe Bolloré. Pour celui-ci, en tout cas, on entrevoit les synergies possibles. Avec Havas ou Aegis d'abord, gros utilisateurs d'études de marchés et d'enquêtes sur le comportement du consommateur. Le groupe WPP l'a compris depuis longtemps, via Research International et Millward Brown. Mais ce seul aspect ne suffit pas à expliquer l'intérêt de Bolloré pour l'institut CSA. Il aurait pu tout aussi bien jeter son dévolu sur un institut spécialisé, comme Sorgem Marketing.

« Choisir un institut également présent dans l'enquête d'opinion permet à Bolloré de s'ouvrir une porte supplémentaire vers l'extérieur. Ce n'est pas négligeable pour un industriel devenu un financier et qui a décidé d'investir dans la communication », estime Jean-Marc Lech, coprésident d'Ipsos. Une opportunité à saisir en effet à quelques mois de la présidentielle. Direct Soir et Direct 8 n'y verront sans doute rien à redire. Qui plus est, pour un coût somme toute assez modeste, compte tenu des moyens du groupe Bolloré : l'investissement ne devrait pas dépasser, en effet, les 15 millions d'euros.

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