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L'intello du village

16/11/2006 - par Alain Delcayre

Personnalité à part dans le Landerneau publicitaire, Philippe Lentschener, nommé président de Publicis France, n'est pas seulement un cérébral. C'est aussi un manager averti.

Je vous donne 24 heures... pour accepter », a lâché Kevin Roberts. Dans l'esprit du PDG de Saatchi&Saatchi Worldwide, la proposition ne pouvait se refuser. En ce début octobre, Philippe Lentschener, président de Saatchi&Saatchi France, venait d'annoncer à son patron que Maurice Lévy lui proposait la présidence de Publicis France. De fait, pour ce poste nouvellement créé (1), Philippe Lentschener, quarante-neuf ans, a sur le papier toutes les qualités requises : un profil de manager à la tête d'un groupe de près de 200personnes, une expérience internationale via la vice-présidence de Saatchi&Saatchi Europe et un beau bilan « new business » à son actif avec le gain ces derniers mois de budgets tels Société générale, Casino, Axa, Vache qui rit et Universal Mobile.

Jeu d'équipe

Pourtant, la piste Lentschener n'a pas toujours été une évidence. En 2003, Maurice Lévy lui avait préféré, pour diriger Publicis Conseil, le turbulent Christophe Lambert, venu de BBDO Paris. « Je n'offrais pas tous les signes d'orthodoxie publicitaire nécessaires », ­résume l'intéressé. Maurice Lévy invoque un contexte particulier : « Publicis Conseil avait besoin d'une rupture ». Un coup d'éclat chèrement payé, après le départ retentissant de Christophe Lambert début octobre en compagnie de Frédéric Raillard et Farid Mokart, les deux fondateurs de Marcel, la nouvelle « hotshop » créative du groupe.

Après tant de remous, un retour aux valeurs sûres s'imposait. « L'offre doit correspondre à la demande. Aujourd'hui, je suis ce dont Maurice Lévy a besoin. Il a appris à me comprendre. Il est vrai que je ne suis pas évident », lance Philippe Lentschener, qui doit s'installer avenue des Champs-Élysées en décembre après avoir bouclé sa succession chez Saatchi (lire l'encadré). Cet amateur de rugby qui préfère le jeu d'équipe a toujours pris ses distances avec ce qu'il appelle le « barnum égotiste » de la publicité. Au point d'être raillé comme l'intello de la profession. Son dernier dada : le « goodwill », cette survaleur immatérielle de l'entreprise née des bonnes relations avec ses parties prenantes (clients, salariés, médias, etc.). Chargé des « relations entre la publicité et les grands sujets de société » en tant que vice-président Europe de Saatchi, il a doté l'an dernier sa propre agence d'une nouvelle filiale, The Goodwill Company.

Mais ce profil « cérébral », qui fonctionnait à merveille au sein du ­réseau de la « lovemark » qu'est Saatchi, ­conviendra-t-il à un Publicis France beaucoup plus florentin ? « Sa grande humanité, son manque de radicalité et la naïveté apparente de ses propos cachent un personnage complexe qui a la finesse d'un Maurice Lévy et pourrait être son digne successeur », avance David Jobin, directeur général d'Interbrand et ancien patron du planning stratégique de Saatchi. Auteur du slogan de campagne de Laurent Fabius pour l'investiture socialiste (« La France forte et solidaire »), Philippe Lentschener croit en la force des convictions, en politique comme en management. « Quand on crée un mouvement ­implacable, inévitablement on vous ­rejoint », ­assure-t-il en rappelant qu'il n'aura à affronter aucune baronnie à la tête de Publicis France : « Les équipes dirigeantes de Publicis Conseil et Dialog viennent d'être renouvelées. Et Jean-Christophe Hérail [PDG de Publicis EtNous] est un ami. »

Priorité au développement

Quant à l'espace que lui laisseront Olivier Fleurot et Richard Pinder, récemment nommés président exécutif et « chief operating officer » de Publicis Worldwide, il ne s'en inquiète guère : « Ils ont à gérer un réseau de 82 agences et l'énorme marché américain. » Pour Maurice Lévy, la mission de Philippe Lentschener est claire : « se focaliser sur le développement de Publicis France, et pas seulement en fonction de Publicis Conseil ». Un pari qui a le mérite de la nouveauté dans le groupe, tant Maurice Lévy a toujours « surcouvé » son agence phare. En dépit de cette lourde et délicate tâche, Philippe Lentschener compte rester ­fidèle à lui-même, notamment en continuant à ­défendre ses idées sur son blog (http://lentschener.blogs.com), à ­conseiller le label musical indépendant Recall dont il détient des parts et à écrire des livres. Début 2007, il publiera La Phénoménologie du prix, après avoir invité, voilà deux ans dans un précédent ouvrage, à une Nouvelle Renaissance. Prémonitoire.

(1) Publicis France comprend les agences Publicis Conseil, Publicis Dialog, Publicis Constellation (ex-Régions), Publicis Et Nous, Publicis Net et Loeb&Associés.

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