
Sirènes américaines
Voilà pourquoi les fondateurs de Duke, qui ont toujours défendu ce positionnement, ne souhaitaient pas intégrer une grande agence de communication, même s'ils reconnaissent avoir été approchés par Jean-Marie Dru, le patron de TBWA. Le marché a d'ailleurs longtemps pensé à un tel rapprochement car certains clients de Duke sont aussi ceux de TBWA (McDonald's et Nissan). « Le deal avec Avenue A/Razorfish n'est pas défensif, c'est un deal pour aller plus loin, affirme Matthieu de Lesseux. Avec notre rentabilité, nous aurions pu attendre, lever de l'argent, mais avec Christine, nous avons de l'ambition et l'envie de découvrir, de progresser, de nous amuser. Et pour s'amuser, il faut être les plus forts. »
Pourquoi avoir cédé aux sirènes américaines ? « Parce qu'ils sont trop forts, qu'ils ont deux ans d'avance sur nous et qu'on a tout à apprendre d'eux, lancent d'une même voix les deux fondateurs de Duke. Parce que les enjeux liés à Internet pour les grandes marques nécessitent une réponse de plus en plus forte et internationale. Le risque pour Duke était de se retrouver à terme marginalisée. Soyons lucides : comment se battre contre des gens qui s'organisent à l'international, récupèrent les meilleures agences dans chaque pays et sont leaders dans l'achat médias, la connaissance des consommateurs, les technologies, les sites transactionnels ? Le mieux, c'est d'être avec eux et de profiter de la force de leur réseau, notamment en termes de travail collaboratif. » Rarement être racheté a suscité autant d'enthousiasme...
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