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« Le lobbying a gagné en considération »

10/01/2008 - par Entretien : Alain Delcayre

Pionnier du lobbying en France, le cabinet Communication & Institutions fête cette année ses vingt-cinq ans. Son président-fondateur, Olivier Le Picard, évoque la mutation et les enjeux de ce métier qui n'a plus peur de se montrer.

Vingt-cinq ans après la création de votre cabinet, le lobbying est-il encore tabou en France ?

Olivier Le Picard. Au début des années quatre-vingt, on parlait de « public affairs » ou de communication institutionnelle, pas encore de lobbying. Puis, au fil des ans, la pratique a gagné en considération, car elle apporte transparence et rigueur méthodologique là où il y avait autrefois réseaux et connivence. Aujourd'hui, plus personne ne conteste aux acteurs économiques et sociaux le droit de participer au débat public et d'apporter leur expertise avant que les pouvoirs publics ne tranchent.

Diriez-vous que le lobbying a fini par s'imposer comme un élément essentiel de la stratégie des entreprises ?

O.L.P. Oui, car les dossiers sont plus techniques, les médias plus présents et les rouages de l'État plus complexes. À titre d'exemple, le circuit décisionnel français s'est considérablement alourdi avec le triple mouvement de décentralisation, de construction européenne et d'émergence d'agences indépendantes de régulation. À cela s'ajoute une concurrence accrue entre les grandes entreprises mondialisées, qui cherchent à mieux appréhender les distorsions de concurrence engendrées par les réglementations nationales. Les règles du lobbying sont d'ailleurs désormais ­enseignées au sein des grandes écoles de commerce, à Sciences Po, etc. Même l'ENA propose des conférences sur le sujet.

Comment définiriez-vous les relations entre les lobbyistes et leurs interlocuteurs institutionnels ?

O.L.P. Notre métier a toujours été bien accueilli par les pouvoirs publics. Il est perçu comme un facilitateur permettant de synthétiser les problèmes et d'éclairer les décisions. Il n'est pas rare que les cabinets de conseil en lobbying soient consultés par les ministères sur des problématiques d'intérêt général.

En quoi Internet modifie-t-il les pratiques du secteur ?

O.L.P. Le Web facilite l'évaluation ­rapide du sérieux d'un dossier et surtout accélère considérablement le travail, notamment au niveau de la collecte de l'information et de la veille. Il fluidifie aussi les contacts avec les interlocuteurs. Mais il peut également se révéler extrêmement pernicieux, du fait de son impact et de sa facilité d'utilisation. L'exemple des blogs, gros propagateurs de rumeurs, en témoigne. Face à la masse d'informations que véhicule Internet, les documents écrits restent primordiaux et au coeur de notre métier, qui consiste d'abord à trier, vérifier, décanter et analyser.

Quelles sont les dernières évolutions en matière d'encadrement du lobbying en France ?

O.L.P. En 1991, en fondant l'Association française des conseils en lobbying et affaires publiques avec Paul Boury et Thierry Lefébure, nous avons permis aux conseils en lobbying de se regrouper dans une association professionnelle et les avons dotés d'une charte déontologique. Aujourd'hui, face à l'augmentation des acteurs du secteur, quelques députés posent la question d'une meilleure transparence de la représentation des groupes d'intérêt à l'Assemblée nationale. Dans une proposition de résolution en cours d'examen, ils proposent de soumettre l'accès à l'Assemblée à un enregistrement sur un registre rendu public, comme cela se pratique déjà au Parlement européen ou au Bundestag en Allemagne.

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