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« Nous ne voulons pas être les otages des services achats »

19/06/2008 - par Entretien : Cathy Leitus

Quinze mois après le rachat de Duke par Avenue A Razorfish, et après le départ de sa cofondatrice Christine Santarelli, Matthieu de Lesseux, président de l'agence interactive, réaffirme son positionnement. et de l'organisation mise en place suite .

Depuis 1999, Duke est incarnée par le duo professionnel que vous formiez avec Christine Santarelli. Pourquoi est-elle partie ?

Matthieu de Lesseux. Après neuf ans de travail acharné, Christine réfléchissait depuis un moment à son avenir et avait envie de se consacrer davantage à sa famille.

Quelle organisation avez-vous mise en place suite à son départ ?

M. de L. J'ai confié à Emmanuelle Paille, directrice associée, la responsabilité de manager général. Les directeurs de création, Aurélie de Villeneuve et Christopher Oldcorn, remplacent Christine pour diffuser la vision créative de l'agence et la représenter à l'extérieur. Le publicitaire Bertrand Janny devient directeur des stratégies chargé du planning stratégique. Un nouveau département consacré aux médias interactifs « alternatifs » est confié à Frederik Legrand, directeur associé.

Duke a toujours défendu son indépendance. Se retrouver dans le giron de Microsoft, cela n'a pas dû être simple à justifier...

M. de L. C'est vrai que le rachat de notre société mère Avenue A Razorfish par Microsoft a été une surprise totale. Mais arrêtons avec ce fantasme : Microsoft n'est pas marchand d'armes et n'exploite pas les enfants... Nos liens capitalistiques ne changent rien à notre projet. Avenue A Razorfish reste une activité indépendante avec son président, Clark Kokich. J'ajoute que Duke (16 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2007 et 20,5 prévus en 2008) travaille toujours pour Playstation France et que nous n'avons perdu aucun client depuis le rachat.

Sauf Nissan Europe...

M. de L. Oui mais c'est notre choix. Nous avons refusé de participer à la compétition car pas question d'être pris en otage par le service achats à l'initiative de cette opération. On ne peut pas demander à une agence de se donner au maximum et la remettre en cause juste pour encore baisser les prix ! D'autant qu'une telle compétition coûte environ 200 000 euros et n'est pas rétribuée. Notre actionnaire a soutenu notre décision, qu'il a estimée courageuse. Nissan Europe, c'est quand même un budget annuel de 7 millions d'euros.

Qu'est-ce qui a changé chez Duke depuis que vous êtes dans le réseau Avenue A Razorfish ?

M. de L. Nous avons progressé sur l'international, les technologies et la mesure d'efficacité, ce qui nous a permis de gagner toutes nos compétitions comme le site de Canal +, la stratégie numérique de Levi's Europe, les campagnes en ligne de BNP Paribas. Nous avons aussi gagné, avec Business&Décision, un grand compte international.

Comment analysez-vous l'évolution du secteur et de Duke ?

M. de L. Le marché affiche une croissance annuelle de 30 %. L'offre se structure, la concurrence s'exacerbe, même si je reste convaincu que les « pure players » sont les seuls à construire des stratégies numériques dans la durée. Le recrutement est un enfer : les talents sont rares et les salaires flambent. Dans ce marché en constante mutation, nous devons nous remettre en cause et projeter nos métiers et nos équipes dans l'avenir. Nous avons ainsi intégré du « buzz monitoring » pour observer ce que les consommateurs disent des marques. Désormais, nous devons construire l'image de la marque et aussi son image d'opinion à partir de l'expérience interactive.

Vous avez démissionné de la présidence de l'AACC Interactive et Duke s'est retirée de la délégation. C'est la guerre avec Hervé Brossard, président de l'AACC ?

M. de L. Pas du tout. Je salue son travail de lobbying sur la télévision et l'affichage, mais je considère que l'association est déconnectée de la révolution numérique. Je conteste aussi le calcul des cotisations, qui dessert les agences non-membres d'un groupe de communication. Enfin, je crois que des commissions transversales prenant en compte Internet seraient plus efficaces que les délégations par métier. Je vais continuer à défendre mon métier à travers une nouvelle structure, à laquelle je réfléchis avec d'autres agences.

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