
26/06/2008 - Le Bureau de vérification de la publicité se rebaptise Autorité de régulation professionnelle de la publicité, un nouveau nom qui souligne son système de contrôle renforcé et son ouverture à la société civile.
Ne dites plus BVP, mais ARPP. Le Bureau de vérification de la publicité enterre son nom d'un autre âge (1953) et en choisit un nouveau pour parachever sa réorganisation. Ses administrateurs publicitaires - Hervé Brossard, Christophe Lafarge et Pierre Callegari - ont planché sur la nouvelle appellation jusqu'à tomber d'accord sur ARPP, pour Autorité de régulation professionnelle de la publicité (1). « C'est la première fois qu'un organisme professionnel adopte ce terme utilisé par le secteur public », explique son président, Jean-Pierre Teyssier.
Une première, et pas un hasard. Feu le BVP, très critiqué par la société civile pour son manque d'efficacité, souligne ainsi tout l'enjeu de sa réforme. Certes, son système s'appuie toujours sur l'autodiscipline de ses membres (médias, annonceurs et agences), mais l'instance se dote d'un système de contrôle renforcé. Ainsi, pour répondre aux réclamations du Grenelle de l'environnement, toutes les campagnes nationales avec arguments écologiques seront examinées avant diffusion, quel que soit le support. Pour mémoire, l'organisme ne visionne aujourd'hui que les spots avant diffusion.
Autre changement, un Jury de déontologie publicitaire pourra être saisi par tout un chacun. Il est chargé de traiter les plaintes concernant des publicités contrevenant aux règles déontologiques. Ses avis seront rendus publics via un site Internet ou, si besoin est, par communiqués de presse. « Cela portera forcément atteinte à la réputation d'une marque, au lien de confiance qu'elle met des années à construire. C'est ici que réside la sanction. Et elle est très efficace », assure Jean-Pierre Teyssier. Certaines campagnes épinglées pourront également faire l'objet de demande de cessations immédiates. Le nouveau logo de l'ARPP, conçu par l'agence H, avec ses cases à cocher, est à l'avenant : elles renvoient aussi à l'efficacité d'un organisme qui vérifie, contrôle et agit.
La fin de l'autorégulation
Le nouveau nom adopte le terme « régulation », délaissant l'expression « autorégulation », très souvent accolée à l'ex-BVP. « Ce mot d'autorégulation marquait trop le fait que nous agissions entre nous, en vase clos. Or, aujourd'hui, il s'agit bien de s'ouvrir à la société civile, de travailler avec elle », ajoute Jean-Pierre Teyssier. Après le refus d'Alliance pour la planète de collaborer, l'ARPP verra donc le jour avec neuf ONG : six sont des associations de consommateurs et trois sont issues du secteur de l'environnement. Reste encore quelques nominations à réaliser, celles, notamment, du Jury de déontologie publicitaire. Rendez-vous en septembre pour une ARPP pleinement en ordre de marche.
(1) L'acronyme ARPP est assez couru. C'est également celui de l'Association pour les relations avec les pouvoirs publics (arpp.net) ou de la société ARPP-Communication informatique traitement de données (arpp.fr), par exemple.
www.bvp.org
www.arpp-pub.org
Le Conseil de l'éthique publicitaire (CEP). Présidé par le sociologue Dominique Wolton et composé de professionnels et de personnalités indépendantes, tels Dominique Rochefort et Alain Grangé Cabane, il met au jour les évolutions entre publicité et société tout en émettant des avis sur l'autodiscipline et les règles déontologiques.
Le Conseil paritaire de la publicité (CPP). Cette instance représentative est un lieu d'échange et de travail entre société civile et milieu publicitaire. Elle est composée de 18 membres : 9 professionnels de la publicité et 9 représentants d'associations qui participent à l'élaboration des règles déontologiques. Son président est issu du secteur associatif.
Le Jury de déontologie publicitaire (JDP). Présidée par Marie-Dominique Hagelsteen, conseiller d'État, cette instance indépendante comptera 9 personnalités indépendantes également. Elle traitera les plaintes et rendra des avis publics.
senga
Je trouve que la publicité concernant CONFORAMA, qui suggère des
ébats amoureux dans une cuisine est choquante.
Dans la société actuelle, on oublie de plus en plus les enfants qui
regardent bien sûr les publicités.
J'ai la sensation de devoir protéger quotidiennement mes enfants
d'images à connotation sexuelle, dans la presse écrite notamment.
La publicité concernant CONFORAMA n'aurait jamais dû voir le jour
sur nos écrans de télévision.
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