
04/09/2008 - Le 1er octobre, Stratégies remet son 21e Grand Prix du design et s'associe à la Journée de l'innovation organisée par l'Association Design Communication. L'occasion de célébrer le design pendant cinq numéros. Après Apple, l'exemple du fabricant de mobilier urbain italien Metalco.
Pier Franco Bertino est un industriel comme le nord de l'Italie sait en produire. Polyglotte, chaleureux, cultivé, il est aussi dur en affaires et pétri de techniques marketing acquises aux États-Unis. Lorsqu'il est devenu directeur général du fabricant de mobilier urbain Metalco en 1998, il a rapidement constaté que ses produits étaient allègrement copiés en Chine et en Italie, et à bien moindre coût. Sa priorité: "Rendre la vie difficile à ceux qui nous copient."
Comme Alessi, sa consœur du Piémont dans les arts de la table, l'entreprise de Vénétie a mis l'accent sur la qualité et le design pour échapper à la banalisation, elle s'est donc entourée d'un vivier de créateurs, comme le studio Pininfarina, Antonio Citterio, les Allemands Staubach & Kuckertz, les Français Marc Aurel ou Tortel Design...
Leur mission est de proposer des équipements sur mesure aux villes. Clôtures pour l'aéroport de Venise, poubelles à Düsseldorf ou fauteuils de jardin à Cannes, les créations se veulent une alternative au mobilier urbain standardisé.
"Il y a cinq ans, nous avons abandonné 35% des produits en catalogue", rappelle Pier Franco Bertino dans un français parfait. En 2002, Metalco a fondé l'Accademia Urbana, un centre de recherche consacré au développement d'innovations techniques, avec le souci permanent d'inclure les coûts de fabrication dès la conception du projet. L'entreprise sera présente à la Biennale du design de Saint-Étienne, du 15 au 30 novembre.
Une collection moins chère que les productions chinoises
Parallèlement, Metalco a mis en place une politique industrielle drastique pour réduire les coûts: les proportions de 80% de fabrication manuelle et 20% d'automatisation ont été inversées en dix ans, au prix d'un investissement de 30 millions d'euros dans des machines ultramodernes. Cet effort lui permet de proposer une collection "low cost" 10% moins chère que les productions chinoises.
Ce grand écart entre le haut de gamme et les premiers prix peut brouiller l'image, mais Pier Franco Bertino entend démontrer que l'on peut fabriquer un Abribus à 1 200 euros sans transiger sur la qualité. Metalco a enregistré une progression de chiffre d'affaires de 14% en 2007, à 19,95 millions d'euros.
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Mots-clés :
Metalco, design, Metalco, délocalisations, mobilier urbain, Metalco
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