
02/04/2009 - Un label Produit conso responsable fera son apparition en septembre dans les linéaires. Il intégrera une triple dimension : environnement, santé et citoyenneté.
En matière de consommation responsable, tous les voyants sont au vert: trois Français sur quatre disent vouloir privilégier, en faisant leurs courses, des produits dont les fabricants, la composition et le conditionnement s'inscrivent dans une démarche de développement durable.
Mais comment les identifier en rayons? Deux professionnels de la communication et du marketing travaillent depuis plusieurs mois sur un tout nouveau label Produit conso responsable, qui verra le jour en septembre prochain dans les linéaires.
« Il existe d'ores et déjà des écolabels, des étiquetages CO2 ou des labels de commerce équitable, mais aucun ne prend en compte les trois clés du développement durable à la fois. À savoir l'environnement (composition, recyclage, écotoxicité), la santé (valeur nutritionnelle, présence d'allergènes) et la citoyenneté (respect des salariés, engagements auprès des fournisseurs)», explique Didier Barut.
Président-fondateur de l'agence Équilibre, cet ancien responsable de production chez Leo Burnett s'est associé à Fabrice Guyon, ex-chef de groupe chez L'Oréal, pour développer ce nouveau label via Nexterre, une société créée à cet effet.
Un concours plus qu'un examen
Concrètement, tout industriel désireux de valoriser ses avancées en matière de marketing durable peut soumettre son produit à Nexterre. Sa composition sera analysée par le laboratoire Eurofins, «l'une des références mondiales en matière de bioanalyse», précise Didier Barut. Les produits concurrents seront alors analysés à leur tour. «L'idée du label n'est pas de dire qu'un produit est bon ou mauvais, mais qu'il est à ce jour le meilleur de son marché au regard du développement durable. C'est un concours, pas un examen», insiste Didier Barut.
Si le produit obtient les meilleures notes, il pourra utiliser le label pendant un an dans l'ensemble de sa communication, moyennant 15000 euros. Et bénéficier des partenariats d'ores et déjà pris avec différents médias (M6, Auféminin.com, ebuzzing, etc.) pour valoriser cette labélisation.
Mais comment noter les meilleures pratiques sociales et environnementales? Nexterre compte s'appuyer sur les analyses des rapports développement durable effectués par le cabinet de notation Vigeo et sur une charte d'engagements signée par les participants.
«Certes, ce n'est que du déclaratif. Mais quel industriel va se risquer à mentir sur des sujets impliquant autant? Il lui faudrait dix ans de communication pour s'en remettre», explique, confiant, Didier Barut.
Certaines données concernant l'analyse du cycle de vie seront cependant difficiles à obtenir. «Ce qui va nous manquer, c'est tout ce qui se pratique jusqu'au moment où le produit est chargé dans le camion, explique-t-il. Par exemple de savoir si les camions utilisés sont ou non électriques. Nous espérons pousser les industriels à mieux communiquer sur ces sujets.»
D'ores et déjà, six entreprises importantes, dont les noms sont encore tenus secrets, travaillent avec Nexterre: trois sont issues de l'agroalimentaire, deux de l'hygiène-beauté et une de l'entretien.
In fine, Nexterre espère déclencher une spirale vertueuse qui poussera, d'année en année, chaque fabricant à faire mieux que son voisin. Quant au grand public, il pourra consulter analyses et détails de la vie cachée des produits labélisés sur le site consoresponsable.fr.
Réagissez à cet article
Merci de vous identifier afin de pouvoir publier un commentaire :
Identifiez-vous
Mots-clés :
label, Didier Barut, Fabrice Guyon
Dans l'annuaire des agences et prestataires :
Leo Burnett
Formations :