
L'autorégulation des professionnels de la publicité vous donne-t-elle satisfaction ?
J.-L.B. On est face à un véritable phénomène de société : le nombre de publicités utilisant des arguments environnementaux a été multiplié par trois entre 2006 et 2007. C'est plutôt bon signe car cela prouve que le respect de l'environnement détermine en partie le choix des consommateurs. L'année dernière, en 2008, nous avons élaboré, en étroite concertation avec les professionnels de la publicité, une charte de déontologie pour vérifier que ces messages publicitaires correspondent bien à la réalité. D'après les premiers retours d'expérience, les professionnels ont globalement bien joué le jeu. Nous avons eu raison de leur faire confiance. Les différentes structures sont désormais en place : Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), Conseil paritaire de la publicité, Jury de déontologie publicitaire, etc. Le taux de conformité des publicités relatives à l'environnement conformes aux bonnes pratiques est passé de 65% à 82% en un an !
Êtes-vous choqué lorsque Areva utilise comme signature publicitaire «l'énergie au sens propre» ou quand Renault compare l'impact de ses voitures à celui laissé sur la mer par la navigatrice Ellen MacArthur ?
J.-L.B. Je constate qu'Areva a décidé de suivre l'avis de l'ARPP en modifiant sa signature. Les entreprises Total et Gaz de France ont suivi le mouvement. Pour le reste, c'est une question de cohérence entre le message et le comportement.
À quoi sert la Semaine du développement durable ?
J.-L.B. C'est une semaine absolument cruciale où chacun peut se rendre encore mieux compte que consommer durable, c'est souvent consommer mieux, parfois moins cher avec un même degré de confort et de qualité. C'est, au fond, la grande semaine de la qualité de vie et du pouvoir d'achat.
Qu'attendez-vous de cette septième édition ?
J.-L.B. Avec près de 3 500 actions ou événements programmés dans toute la France -un millier de projets la première année-, je peux difficilement en demander plus ! Si j'avais juste un souhait à formuler, c'est que les écolabels, qui sont au cœur d'une grande campagne radio et télé, deviennent de vrais réflexes. On ne doit plus les ignorer.
Vous soutenez également la Semaine européenne de la mobilité et la Journée mondiale de l'environnement. Une autre façon de sensibiliser les Français ?
J.-L.B. Toutes ces campagnes n'ont qu'un seul et même objectif : montrer qu'on peut tous, une fois, trois fois, dix fois par jour faire un geste pour la planète, à la maison, en faisant ses courses, en se déplaçant, en travaillant. Et que bien souvent, cela ne coûte pas plus cher et permet de faire des économies !
Pourquoi avoir lancé un Comité opérationnel 34, présidé par Hervé Brossard, de l'Association des agences-conseils en communication (AACC), pour mieux informer et sensibiliser le public à l'environnement ? Ces événements ne suffisent-ils pas ?
J.-L.B. Nous avons fait un double constat : l'un, très positif, sur la diversité et la richesse des initiatives déjà existantes, l'autre, sur l'amélioration de la coordination des multiples actions menées. Je crois qu'on peut vraiment gagner en efficacité en s'organisant mieux. Ce n'est pas une question de moyens mais de méthode, tout simplement.
Vous programmez d'ailleurs un nouvel événement, une grande journée nationale et festive. Pouvez-vous nous en dire plus ?
J.-L.B. C'est l'une des propositions du Comité opérationnel issu du Grenelle de l'environnement sur les questions de communication notamment, dit Comop 34, d'organiser un événement festif et fédérateur pour aider le grand public à comprendre les engagements du Grenelle de l'environnement. On prend le temps d'écouter tout le monde avant de le programmer.
Le Comop 34 a également conclu à la nécessité de former les professionnels des médias pour diffuser une information civique et citoyenne. Où en est-on ?
J.-L.B. On travaille avec les professionnels sur deux aspects : renforcer l'enseignement sur les sujets environnement et développement durable dans les écoles de journalistes et proposer aux rédactions des médias des modules de formation continue, à l'exemple des journées organisées par le journaliste spécialisé en environnement Jean-Louis Caffier.
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