
24/09/2009 - Le constructeur automobile a reconnu avoir triché en Formule 1. Son image risque d'en partir au-delà de l'univers des sports mécaniques.
Voilà une publicité dont Renault se serait bien passé. Engagé en Formule 1 pour promouvoir son image technologique et accroître sa notoriété dans les marchés émergents, le constructeur se retrouve convaincu de tricherie. Lundi 21 septembre, la Fédération internationale automobile a condamné l'écurie à deux ans de suspension de championnat avec sursis. Et Flavio Briatore, l'ancien patron de Renault F1 Team limogé après la découverte des faits, est radié à vie de la F1.
Quelques jours plus tôt, Renault F1 avait reconnu avoir volontairement demandé à l'un de ses pilotes, Nelson Piquet Junior, d'avoir un accident, lors du Grand Prix de Singapour 2008, afin de favoriser la victoire du pilote maison mieux classé, Fernando Alonso.
Les conséquences pour l'image du constructeur sont réelles. «Oui, c'est ennuyeux pour Renault, reconnaît Gilles Dumas, le président de Sportlab. Mais leur communication de crise est intéressants car ils font porter la faute à Flavio Briatore. C'est ce dernier qui a toujours été mis en avant dans la communication sport de Renault. Cela a permis à la marque de prendre ses distances avec l'écurie F1.»
Tout de même, un compétiteur tricheur, le public n'apprécie jamais. Et l'image de Renault en général risque d'être écornée par cette affaire. «Dans sa communication, Renault a indiqué clairement que la tricherie, ce n'était pas les us et coutumes de la maison, estime Patrick Bellec, manager de Franck Montagny, ancien pilote Renault. Ce message était important pour l'extérieur, mais aussi en interne, auprès de tous les collaborateurs de l'entreprise.»
Renault tente donc tant bien que mal de sortir de cette sordide affaire sans trop d'égratignures. La sanction est clémente et l'essentiel est préservé : Renault reste en F1. «Si Renault n'a pas besoin de la F1, en revanche, la F1 a besoin de Renault, affirme Gilles Tambay, ancien pilote de F1. Renault en F1, c'est aussi une industrie dont la France a besoin.»
Recherche d'un nouveau partenaire
Et le constructeur, qui motorise d'autres écuries, est engagé au moins jusqu'en 2012. «Partir ne serait pas une bonne idée, juge Eric Barbaroux, responsable du Grand Prix de France de F1. Un départ assimilerait encore plus l'image de cette affaire à celle de Renault.»
Tout cela ne tombe vraiment pas au meilleur moment pour Renault, qui est depuis début 2009 à la recherche d'un nouveau partenaire principal. En février, la banque néerlandaise ING a annoncé son retrait dès la fin de la saison. Un coup dur pour la firme au losange qui doit trouver un partenaire dès 2010. Ticket d'entrée : 50 millions d'euros. Le constructeur n'est pas en pole position pour cette compétition-là.
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