
22/10/2009 - «Logorama» est un court métrage réalisé par le collectif H5 entièrement avec des logos en 3D. Décoiffant.
Dans les rues de Los Angeles, un gangster pris en chasse par des policiers, une prise d'otages qui tourne mal… Ce n'est pas le dernier opus de Die Hard, mais le synopsis de Logorama, un court métrage réalisé par les H5, collectif de graphistes réputé pour ses clips (Alex Gopher, Massive Attack, Audiobullys, etc.) et ses pochettes de disques (Superdiscount, Air, Demon, etc.), qui travaille aussi pour la publicité (Toyota, VW, Areva, Total, Dior, Cartier, YSL, etc.).
L'originalité de ce film primé à la Semaine de la critique du Festival de Cannes 2009 n'est pas dans le scénario, mais dans la forme : tout est représenté par des logos en 3D, que ce soient les personnages, les décors ou les accessoires. Le gangster a ainsi les traits de Ronald McDonald et les flics sont des Bibendums… Au total, 2 500 logos apparaissent, d'Evian à Pepsi, de Pringles à IBM, d'Apple à Nike. La quasi-totalité des grandes marques sont au générique… sans qu'on leur ait demandé leur avis !
«Ni ode aux marques ni entreprise de dénonciation, Logorama prend acte du fait qu'on vit dans un monde de marques», souligne Ludovic Houplain, cofondateur des H5. Evidemment, ce court métrage déjanté est aussi une réflexion sur les marques et leur place dans notre société. «Le logo est certainement une des dernières vaches sacrées occidentales», note Stéphane Kooshmanian, de la société Addict, qui produit les H5 en France.
Un objet non lucratif
Deux mille cinq cents logos, autant de risques de se retrouver devant les tribunaux ? Les auteurs et les producteurs de Logorama (H5, Addict, Autour de minuit et Mikros) ont consulté des avocats : le film devait être une «œuvre d'art», un objet non lucratif, une création qui s'inscrive dans un rapport à la société. Le résultat est à la hauteur, à cet égard, mais susbiste un risque, qu'ils ont choisi de prendre, considérant au passage qu'une entreprise qui attaquerait leur film allumerait la mèche d'un buzz d'enfer.
Diffusé le 16 octobre sur Canal+, dans le centième numéro de l'émission Mensomadaire, Logorama va continuer à être montré, comme c'est le cas depuis cet été, dans des festivals. Des projections sont aussi organisées dans des agences de publicité (Euro RSCG C&O, TBWA Paris…) et dans divers lieux culturels, comme au musée des Arts décoratifs, à Paris, le 29 octobre.
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