
22/10/2009 -
La marque Veja est née d'une déception. Celle de ses fondateurs découvrant les politiques de développement durable des grandes entreprises françaises. Ces deux anciens étudiants en management y faisaient alors leurs classes. «Il y avait un tel décalage entre le discours et la réalité», se souvient Sébastien Kopp, cofondateur de Veja avec François-Ghislain Morillion.
Malgré tout, monter un projet d'entreprise différente leur semble possible. Pour l'incarner, ils choisissent comme produit la basket, par goût vestimentaire autant que par conviction. Le secteur, «trusté» par les géants Nike et Adidas, les révolte par ses excès marketing et ses outrances industrielles. C'est dit : la basket Veja sera équitable ou ne sera pas.
Leur idée en tête, les deux fondateurs remontent la filière du coton biologique du Nordeste brésilien (d'où le nom de la marque, qui signifie «regarde» en brésilien). Une matière première équitable à laquelle ils ajoutent du caoutchouc naturel d'Amazonie. En 2005, leur chaussure écoresponsable est née.
Et pour rester fidèles à leur ligne verte, les deux entrepreneurs font traverser l'Atlantique à leurs baskets en bateau - et non en avion. Quatre ans plus tard, Veja s'est fait un nom et la marque est désormais prisée des «green people» français, comme Marion Cotillard, qui l'arborent tel un acte militant. Mais ce n'est pas fini car Veja se développe à l'international. Il y a un an, la marque ouvrait son premier bureau à Londres. Maintenant distribuée dans quinze pays, elle est présente des États-Unis au Japon, où on trouve la marque dans certains «concept stores» de New York, Los Angeles ou Tokyo.
Cependant, il ne s'agit pas d'une expansion à outrance car «l'objectif est de rester dans un développement économique raisonné», souligne Sébastien Kopp. Les fondateurs de la marque n'ont pas peur de la rupture de stock. Au contraire. «Veja est une marque agricole, dépendante logiquement du climat. Notre production en subit donc les conséquences», poursuit le cofondateur.
Une communication alternative
Mais la rupture de stock est aussi un argument très marketing… Un domaine dans lequel les deux compères de Veja excellent. En effet, la notoriété de leur marque ne doit rien à la publicité au sens traditionnel du terme. Seuls outils revendiqués : des relations presse, un site Internet et un blog, qui relaye l'actualité de la marque au sens large. «Ne pas avoir de budget communication nous permet d'abaisser le prix de vente de nos baskets», confie Sébastien Kopp. Une stratégie inverse de celle des géants du secteur, dont les dépenses d'image et de notoriété se retrouvent bien évidemment dans le prix public de leurs baskets. Ce simple bouche-à-oreille autour de Veja s'appuie toutefois sur quelques paires savamment cobrandées : avec Comptoir des cotonniers en 2008 et Bonpoint en 2009, sur la ligne enfants.
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