
18/11/2009 - Le conseil général de Vendée décroche le deuxième Grand Prix Stratégies Sportfive du sport pour sa communication autour du Vendée Globe.
Le vent a soufflé dans la bonne direction pour le conseil général de Vendée: la collectivité territoriale remporte la deuxième édition du Grand Prix Stratégies Sportfive du sport, succédant à l'agence TBWA Sport pour la campagne Adidas «Ce maillot n'est pas à moi». Composé de douze professionnels du marketing sportif – annonceurs, médias, instances sportives, collectivités –, le jury du Grand Prix 2009 a attribué 6 prix et 7 mentions (lire le palmarès complet en page 16), choisissant de consacrer les actions entreprises par le conseil général à l'occasion de l'édition 2008-2009 du Vendée Globe, remportée par Michel Desjoyaux sur Foncia.
«Parvenir à convaincre une collectivité d'agir comme une marque, c'est bien joué, juge Marc Crousillat, directeur général de MCO Congrès et membre du jury. Il y a dans ce cas une vraie notion de l'investissement de l'argent public.» Considéré comme l'un des trois sommets de la voile, avec l'America's Cup et la Volvo Ocean Race, le Vendée Globe «tient une place importante dans la communication globale de la Vendée, confirme Laurent Pineau, directeur de la communication du conseil général. Nous ne faisons pas de campagne de publicité classique.» De fait, le département assoit sa réputation sur trois icônes: le Vendée Globe, le spectacle du Puy-du-Fou et… Philippe de Villiers, son président, figure incontournable de la Vendée (lire son interview en page 14).
La course à la voile, qui se dispute tous les quatre ans, joue le rôle de caisse de résonance pour la région. Cette année, l'épreuve a généré 352 heures de reportages sur les télévisions françaises, 250 heures en radio et 18000 articles de presse, soit 50% à 100% de mieux que l'édition précédente, il y a quatre ans. «Parrainer un événement dans la voile prend tout son sens pour la Vendée, qui possède 250 km de côtes et est le premier pôle européen de construction de bateaux de plaisance», rappelle Laurent Pineau.
Actions pédagogiques pour les écoles
En termes de communication, l'action du conseil général se décline en plusieurs volets. Le premier est le village départ. Installé sur le port des Sables trois semaines avant le coup d'envoi, cet espace couvert a reçu cette année la visite de 1,3 million de personnes. Il était divisé en plusieurs espaces dont le principal, de 1400 m2, consacré à la présentation de la course, du parcours et des skippers.
Le village, qui comportait des lieux de restaurations et commerciaux, abritait aussi un stand de 600 m² réservé aux enfants. Ceux-ci pouvaient entrer dans un simulateur de tempête ou être sensibilisés à la faune et à la flore vendéennes. Cet espace servait également de base à l'opération Vendée Globe Junior, une action destinée aux classes de primaires et de collèges du département. Ces derniers étaient invités par leurs professeurs, à l'aide d'un site Internet spécial agrémenté de contenus pédagogiques, à suivre les skippers durant la course. L'occasion de découvrir les continents et les océans.
Enfin, une mallette pédagogique, diffusée à plus d'un millier d'exemplaires, complétait l'opération. Elle renfermait des exercices scolaires inspirés du Vendée Globe et de la voile, déclinés dans différentes disciplines: français, mathématique, géographie, histoire, etc.
Mais la partie la plus spectaculaire de la communication a été l'affiche géante de 3300 m² installée sur la tour Montparnasse, à Paris. Visible à plusieurs kilomètres à la ronde, elle a pu être contemplée par les Franciliens durant trois mois. «La procédure a pris plus d'un an», confie Laurent Pineau. Le site n'a pas été choisi au hasard. Le PC course, ouvert au public, était installé au pied de l'édifice. Et puis, c'est depuis la gare Montparnasse que partent les TGV à destination de la Vendée et de la gare des Sables-d'Olonne. Coût de l'opération: 160000 euros. «Le département est allé au-delà du simple fait d'apposer son nom sur des bateaux», explique Marc Crousillat, de MCO Congrès.
Audace
En finale, pour l'attribution du Grand Prix, la Vendée s'est retrouvée face à deux dossiers: Orange avec son opération interactive autour du joueur de rugby Sébastien Chabal, et la Fédération française handisport (FFH) qui avait redessiné son identité visuelle. Mais l'issue a rapidement été favorable au conseil général. Pourtant, le cas Orange-Chabal, où il était proposé d'aider le joueur à tirer une pénalité en lui téléphonant – avait décroché la meilleure note des jurés lors du premier tour (8,1/10).
Quel est l'objectif de communication du Vendée Globe?
Philippe de Villiers. Les collectivités locales sont en concurrence. Il était capital de trouver une communication originale, dont les retombées sont sans aucune mesure avec les investissements et qui corresponde à notre réalité de «département-entrepreneur». Le rapport est aujourd'hui de 1 euro investi pour 10 euros de retombées économiques ou médias. Mais la course va bien au-delà d'un événement sportif, car elle a ceci d'extraordinaire qu'elle embrasse dans un même mouvement l'épopée sportive, l'exploit physique et l'aventure humaine sur le plus grand stade du monde: la mer.
Quelles ont été les retombées de l'édition 2008-2009?
Ph. de V. Nous avons comptabilisé plus de 1,6 million de personnes aux Sables-d'Olonne pour le départ et les différentes arrivées. Malgré l'habitude, j'ai été impressionné par cette marée humaine. Le Vendée Globe prend aussi une dimension internationale puisqu'il a été diffusé dans plus de 130 pays. Enfin, le Vendée Globe, c'est plus de 300000 nuitées supplémentaires, l'équivalent d'une saison estivale, évaluée d'ores et déjà à plus de 10 millions d'euros de chiffre d'affaires.
Comment associez-vous les entreprises vendéennes à l'événement?
Ph. de V. Les trente plus grandes d'entre elles sont propriétaires du Vendée Globe aux côtés du conseil général et de la ville des Sables-d'Olonne. Le partenaire privé principal est Sodebo, et de nombreuses autres sociétés vendéennes sont sponsors de bateaux: PRB, Vendée Matériaux ou Akena Vérandas.
Est-ce le métier d'un conseil général d'être aussi organisateur d'événements sportifs?
Ph. de V. Ce n'est certes pas notre vocation première, mais quand il s'est agi de sauver la course, nombreux ont été les Vendéens à nous exprimer leur attachement. Le Vendée Globe est devenu un élément de l'identité vendéenne et, à ce titre, chacun comprend que le conseil général en soit l'organisateur.
Quels sont les projets autour du Vendée Globe?
Ph. de V. Nous souhaitons réaliser une «cité du Vendée Globe» aux Sables-d'Olonne, qui sera une vitrine. Nous avons aussi le projet d'une course intermédiaire entre deux Vendée Globe, mais vers le Nord. Ainsi, nous organiserons en mai 2010 le Vendée-Saint-Pétersbourg avec la classe des 50 pieds multicoques.
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