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Accueil > Actualités > Marques > Le luxe au rayon crevettes

Le luxe au rayon crevettes

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26/11/2009 - Avec l'agence Nude, la société Sopac a créé la première crevette haut de gamme vendue sur Internet : Obsiblue. Retour sur l'invention d'une nouvelle marque alimentaire de luxe.

Lundi 16 novembre, Marc Étienne, directeur de création de l'agence Nude, recevait à déjeuner quelques journalistes dans son loft du 11e arrondissement parisien. Dans les assiettes, une crevette particulièrement goûteuse présentée comme le nouveau caviar de la mer pour gourmets chics.

Elle est commercialisée depuis septembre par la Sopac, la Société des producteurs aquacoles calédoniens, sur le créneau du produit d'exception, original et contemporain. Une crevette premium qui joue la carte de l'innovation et de l'inédit sur tous les tableaux : élevage unique et particulièrement soigné en mer de Corail (où se situe la Nouvelle-Calédonie), vente en exclusivité sur Internet, marque alimentaire recourant à une couleur plutôt inédite sur ce marché : le bleu…

«Les prix du marché de la crevette s'effondrent sous l'effet d'une surproduction mondiale. D'où l'idée de nous démarquer avec un produit haut de gamme», explique Cécile Jayet. La responsable France de la marque a d'abord validé le positionnement et le mode de distribution avec Ernst & Young avant de choisir l'agence Nude pour créer, de A à Z, une marque alimentaire de luxe. Au caractère naturel du crustacé des lagons, élevé à l'abri de toute pollution, l'agence a préféré l'une de ses particularités : ses accents bleutés.

«La crevette ne fait pas rêver. Il fallait trouver un angle d'attaque, un point saillant qui donne envie et inspire la création culinaire», raconte Marc Étienne. Le bleu qui rappelle son origine marine est ainsi omniprésent : dans son nom, Obsiblue, sur ses logo et packaging de livraison ainsi que sur le site (obsiblue.com), conçu comme un magazine tendance avec recettes, articles, vidéos et témoignages de grands chefs.

Une marque ombrelle pour d'autres produits

Pour se lancer, la marque a en effet cherché, avant l'été, à séduire les grands noms de la cuisine française. «Il lui fallait des ambassadeurs, des représentants de haute volée», précise Cécile Jayet. Ces derniers ont accroché sans difficulté. Notamment William Ledeuil, chef de file de la cuisine créative. «Il a eu un vrai coup de cœur et a beaucoup travaillé ce produit, gracieusement, en concevant notamment un livre de recettes», poursuit-elle.

Aujourd'hui, Obsiblue est à la carte de plusieurs chefs étoilés : Pierre Gagnaire, Alain Sanderens, Jean-Pierre Vigato… Elle est aussi servie à l'Alcazar ou au nouveau restaurant du Palais de Tokyo, organisateur de dîners bleus…

Sur le site Web, la mayonnaise commence à prendre : chaque semaine, une vingtaine de particuliers se font livrer une boîte d'un kilogramme, soit trente crevettes crues surgelées pour 75 euros. Pour assurer une livraison optimale, la Sopac a monté un partenariat avec une société spécialisée dans le transfert de greffes d'organes.

Après la France, Obsiblue devrait se développer en Europe. Elle envisage également, à terme, de lancer sous sa marque ombrelle d'autres produits d'exception. Des aliments qui se marient parfaitement avec la crevette, telle l'algue Kombu, mais aussi du thon rouge australien ou des huîtres de Tasmanie, qui peuvent être surgelées.

Pour l'heure, Obsiblue continue de tisser sa toile sur le Net. Cécile Jayet, qui travaille aussi pour Hoosta, une société de webmarketing spécialisée dans l'hôtellerie de luxe, connaît bien la partie. Obsiblue a donc sa page Facebook et son blog. Elle tente aussi de lancer «la communauté chic des amateurs de “seafood”» pour toucher son cœur de cible : des voyageurs cultivés, amateurs de design et de cuisine créative.


Delphine Masson
Information traitée dans Stratégies Magazine n°1567

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Mots-clés :
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