
07/10/2010 -
La conférence de presse du 27 septembre organisée à Lausanne par Nestlé s'annonçait, selon les propres termes du groupe, comme hautement «stratégique». Quelques jours avant l'événement, les rumeurs sont donc allées bon train. Nestlé allait-il faire une déclaration sur sa participation dans L'Oréal? Allait-il signifier le rachat du spécialiste des produits halal Isla Délice ou la nomination d'un nouveau chef de la division nutrition?
Finalement, rien de tout cela. Mais les observateurs n'ont pas été déçus. Le géant suisse de l'agroalimentaire a en effet annoncé la création de Nestlé Health Science et du Nestlé Institute of Health Sciences. L'initiative vise carrément à investir «une nouvelle industrie entre alimentation et pharma [sic]» en vue de prévenir et traiter, via une nutrition personnalisée, des problèmes de santé comme le diabète, l'obésité, les maladies cardio-vasculaires et la maladie d'Alzheimer, «dont les répercussions pèsent sur la pérennité des systèmes de santé mondiaux», rappelle fort opportunément le groupe.
La nouvelle filiale Nestlé Health Science, qui sera opérationnelle en janvier, s'appuiera sur l'activité actuelle de Nestlé Healthcare Nutrition (1,6 milliard de francs suisses de chiffre d'affaires en 2009, soit 1,2 milliard d'euros). Le Nestlé Institute of Health Sciences, quant à lui, est destiné à devenir «un institut des sciences de la santé de classe mondiale». Le groupe prévoit d'y consacrer plusieurs centaines de millions de francs suisses dans les 10 prochaines années.
Nestlé, qui investit 1,6% de ses ventes en recherche et développement, compte 17 centres de recherche et 3 500 personnes affectées à cette activité, n'arrive pas en novice sur ce marché. Présent dans la nutrition santé depuis 1986, il a acquis ces dernières années plusieurs sociétés dans ce domaine dont Novartis Medical Nutrition et Vitaflo. Autant dire que le groupe prend une longueur d'avance sur ses concurrents, à commencer par Danone, qui a pourtant repris en 2007 Numico, spécialisé dans la nutrition médicale.
Mais le groupe français semble avoir mis un bémol à ses prétentions, notamment en matière d'alimentation grand public. Danone, qui avait annoncé au printemps le retrait dans ses campagnes de toute allusion aux bénéfices pour la santé de ses produits Activia et Actimel, a déclaré le 11 septembre qu'il ne lancerait finalement pas en France sa marque de yaourt Densia censé solidifier les os grâce à une composition riche en calcium et en vitamine D.
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