
19/04/2012 -
Une start-up de 14 salariés, connue - surtout des geeks - pour son application mobile qui permet de partager sur des réseaux sociaux des photos aux couleurs délicieusement surannées, rachetée par Facebook pour la bagatelle de 1 milliard de dollars. Alors qu'en 19 mois d'existence, on ne lui connaît pas de chiffre d'affaires. Seul critère économique disponible: une valorisation boursière «grise» (potentielle) de 500 millions de dollars, après une levée de fonds de 50 millions de dollars.
La nouvelle du rachat d'Instagram, tombée le 9 avril, n'a pas manqué de provoquer une (nouvelle) alerte à la bulle, alors que Facebook lui-même devrait entrer en Bourse en mai. N'y aurait-il pas un parfum de survalorisation autour de cette nouvelle génération de start-up? Cela rappelle fortement la première «bulle» Internet en 2000, avec pour exemple le symptomatique Boo.com, site de mode qui déposait le bilan six mois après son lancement, et une levée de fonds d'un milliard de francs.
Le contexte est certes différent: «Il y a eu un feu d'artifice en 2000, alors qu'il y avait peu d'internautes, donc peu d'utilisateurs de ces services. Aujourd'hui, le quidam est connecté (40 millions de Français sont internautes) et utilise beaucoup de services en ligne», souligne Leslie Griffe de Malval, analyste gérant chez IT Asset Management.
Des audiences attractives
Les jeunes start-up médiatiques de 2012, Zynga, Pinterest, Twitter, Klout, Path, Foursquare et autres Storify, ont plusieurs points communs: créées récemment, de préférence dans la Silicon Valley, ce sont souvent des médias sociaux, avec des fonctions de création et de partage de contenus. Et une valorisation boursière, potentielle ou réelle, qui donne le tournis: 200 millions de dollars pour Pinterest et pour Klout, 8 milliards pour Zynga, près de 10 milliards pour Twitter et Linked In...
Mais qu'est-ce qui fait la valeur de ces nouvelles entreprises.com? Leur levée de fonds? La rapidité de leur développement? Plusieurs ne sont pas cotées en Bourse; donc ce ne sont que des estimations. D'autres ont su créer le «buzz» lors de leur introduction en Bourse: «Linked In, Groupon ou Zynga ont mis peu de titres sur le marché et ont ainsi engendré un phénomène de rareté», remarque Leslie Griffe de Lalval.
La pépite de ces start-up «sociales» est leur audience. Non plus les vieux clients des sites d'e-commerce, mais leurs communautés d'internautes, entre les joueurs de Zynga (éditeur de Farm Ville, ce jeu «social» qui cartonne sur Facebook), les «friends» de Facebook, les «followers» de Twitter, les «instagramers» d'Instagram...
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