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Médias

Comment les networks dénichent de nouveaux concepts

11/02/2000

À l'affût des tendances TV et des nouveaux talents, les chaînes américaines organisent des «pitchs». De vrais shows au cours desquels les candidats ont une minute pour présenter leurs projets d'émissions. L'idée arrive en France. Saurez-vous pitcher?

En cette froide soirée du 24janvier 2000, le «Grand Salon» de l'hôtel Hilton de la Nouvelle-Orléans est plein à craquer. Plus de mille professionnels de l'industrie audiovisuelle américaine ont décidé de différer leurs dîners pour assister à la quatrième édition annuelle des «pitchs» de la télévision, organisée dans le cadre du 37eNatpe, le marché américain des programmes. Sur la scène, Sheryl Lee Ralph, actrice-chanteuse-productrice, sorte de Diana Ross en plus jeune et plus survoltée, rappelle les règles fondamentales du pitch:«Vous avez une minute pour présenter votre projet d'émission, une autre minute pour répondre aux juges et une minute encore pour écouter leurs commentaires. Et si votre pitch ne plaît pas, vous entendrez...»Une jeune femme court vêtue vient frapper le gong placé entre les quatre juges d'où s'échappent alors ces mots:«Ding, dong, the pitch is dead.»Le public rit fort. Applaudit. S'ébroue.«Le vainqueur des quinze candidats retenus ce soir aura le privilège de gagner... la tenue de base-ball du Natpe,reprend Sheryl, en bonne chauffeuse de salle...et un joli voyage à Hollywood, la plus jolie ville du monde.»Les applaudissements reprennent. L'ambiance est au sommet. Première sélectionnée, Tara McNamara monte sur scène.«Êtes-vous prête pour commencer?»,interroge Sheryl Lee Ralph. Aussitôt, les énormes chiffres rouges du décompte numérique s'emballent.«C'est un sitcom dont le site Internet permet de modifier l'action à certains moments»,explique Tara à toute vitesse, multipliant les détails, récitant une leçon trop apprise.«Stop,lance Sheryl au milieu d'une phrase.La minute est écoulée.»L'un des juges, Mark Itkin, vice-président de l'agence de marketing télévisuel William Morris, l'assaille de questions, parfois couvertes par des sifflets de la salle.«Sur quelle chaîne voyez-vous ce show? À quelle heure?»Tara s'emmêle, dépasse le temps imparti et quitte la scène sous les critiques de David Tenzer, agent chez Creative Artists Agency, autre juge de ce pitch.«Candidate suivante!»Elle commence par une chanson a cappella, hurlée dans la salle, puis décrit son projet:«Un sitcom entreI love Lucy [actuellement sur Téva]etAlly McBeal,le tout aux Caraïbes.»Et d'ajouter:«Dans le pilote, mon héroïne se fait embaucher dans un restaurant de plage et finit par manger, sans le savoir, une soupe aux testicules.»La sonnerie du décompte retentit juste à la fin de sa dernière phrase devant un public hilare.«On a envie de connaître le deuxième épisode!»,plaisante un juge. Suivent ensuite treize autres projets: des sitcoms, parfois arrêtés en pleine description par le gong des juges, un téléfilm, des magazines sur le sport, sur les voyages. Une fois les quinze candidats auditionnés, les juges remettent la récompense à Cynthia Shelby-Lane pour son show médical de 26minutes intituléSecond opinion,assortie de la promesse de l'aider à concrétiser son projet. Deux autres concepts reçoivent des encouragements. Aux États-Unis, l'organisation de pitchs, qui se déroulent toujours selon ces principes, n'est pas nouvelle. Mais, jusqu'ici, ils n'étaient pratiqués que par les majors du cinéma, pour des projets de films. Voici quatre ans, Tim Alexander, le producteur de ces pitchs annuels, a décidé de les adapter à la télévision et de les organiser devant un public de professionnels, lors du Natpe.«Grâce à ces shows, nous pouvons repérer les nouveaux talents, innover dans les concepts, trouver du sang frais»,estime-t-il. Et de citer sa success story. Ou plutôt celle d'Angela Segal, seconde du pitch l'an passé, qui vend cette année son show sur la justice en syndication sur le stand du distributeur Unapix.«Même si la route a été longue après ce pitch, il m'a beaucoup aidé, en m'ouvrant des portes,témoigne cette dernière.Avant, personne ne voulait m'écouter.»

Déclinaison pour la TV interactive

Le principe du pitch a tellement plu que Microsoft a décidé de s'en emparer. Cette année, pour la première fois, la société de Bill Gates a investi 50000dollars (330000francs environ) pour organiser au Natpe les deux premières sessions de «pitchs interactifs». Le principe est exactement le même, mais pour les projets d'émissions de télévision interactives.«Cet investissement nous permet de savoir ce que sera la télévision de demain, de sentir les tendances»,confirme Marty Behrens, le directeur du projet chez Microsoft, qui cherche des programmes innovants pour sa «Web TV». Avec succès semble-t-il, puisqu'il envisage déjà de renouveler l'expérience en France, lors du Mipcom de Cannes, qui se déroulera en octobre prochain, même si«le câble français est en retard sur l'interactivité».Les Français n'ont plus que quelques mois pour apprendre à pitcher.

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