
17/03/2000 - Dans la tête du designer Christophe Pillet, 40ans, il y a de la BD, des films de James Bond, Le Corbusier, la Méditerranée de son enfance... Une certaine idée de la séréni- té, visible dans ses créations, qu'il s'agisse d'une chaise, d'une paire de lunettes ou de stations de lavage de voitures, un projet en cours pour L'éléphant bleu. Élu créateur de l'année au Salon du meuble de Paris en 1994, cet ex-collaborateur de Philippe Starck a conçu le What's up Bar à la Bastille, du mobilier urbain pour Decaux et des produits cosmétiques pour L'Oréal. Il vient d'exposer chez Forum Diffusion, distributeur parisien de mobilier contemporain.
C'est un canapé très formel qui parle de qualité, de confort, de sérénité. Il rappelle le design français des années 70, Pierre Paulin ou Olivier Mourgue. À la première lecture, c'est un objet simple, presque un logo. Et puis, quand on s'approche, on se demande comment il est fait, comment le tissu arrive à épouser parfaitement la structure. Nath' Sofa parle de savoir-faire, mais seulement dans un deuxième temps. Aujourd'hui, la technologie n'est plus porteuse de valeurs. Ce sont les gens qui ont de la valeur. L'objet est là pour exprimer un univers par la simplicité, non par l'accumulation de signes.» En général, les cendriers de bar sont des objets en plastique sur lesquels on colle un logo. J'ai essayé de créer un archétype de cendrier. Il est en verre épais métallisé et quand on le pose, il prend des reflets et des éclats. Il devient un objet précieux. J'aime exalter les choses anonymes pour les remettre en lumière.» Ce canapé exprime le repos. Pas la paresse, car le mot a un sens négatif, mais la volonté de prendre le temps de vivre. Il n'incite pas à s'avachir, il met au contraire en valeur l'être humain. C'est ce que j'appelle l'élégance.» Le designer ne trouve pas sa légitimité dans le fait de dessiner un objet. Cela, tout le monde peut le faire. Elle réside dans sa capacité à proposer une alternative à la qualité de vie actuelle. Pour cette chaise longue, j'ai voulu nettoyer le bois de toute référence culturelle, et trouver une nouvelle façon de jouer avec la lumière et avec le dessin des fibres.»
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