
14/04/2000 - Comme son nom l'indique, le designer Ronan Bouroullec est breton. Né à Quimper, il y a vingt-huit ans, il est d'abord passé par l'école de design industriel Olivier de Serres, mais ce n'est qu'aux Arts-Déco, puis lors d'un stage chez les architectes du studio Naço, qu'il a pu laisser libre cours à sa créativité personnelle. Aujourd'hui, on se l'arrache: la Finlande pour créer un vase, l'Angleterre pour lancer une collection chez Habitat, l'Italie pour des meubles, le Japon, toujours à l'affût des jeunes talents français... Son jeune frère Erwan, designer lui aussi, participe à la plupart de ses projets.
Sommer a demandé à une dizaine de designers de créer une dalle de moquette de 50centimètres de côté. Pour moi, la moquette évoque la banque, l'administration. En même temps, cela m'intéresse de résoudre des problèmes que je ne connais pas. J'ai proposé un motif formé de bandes colorées, qui créent un brouillage optique, si bien que l'on ne voit plus le carré.» Cette création répond à une commande de la biennale du design de Saint-Etienne. De nos jours, on assiste à une course à la miniaturisation. Toutes les fonctions sont compactées, dématérialisées - voyez les ordinateurs. Pourtant, on a besoin de s'entourer d'objets amis. J'ai conçu ces objets lumineux en prenant le contre-pied de ce discours, qui ne doit pas devenir dominant. Ils sont démesurés, des sortes de totems. Leur présence est disproportionnée par rapport à leur fonction. Ils produisent de la lumière, mais dont on ne voit pas la source.» Comment provoquer la différence dans la fabrication industrielle? J'ai mené cette réflexion grâce à une bourse du ministère de la Culture. À partir de huit pièces emboîtées, on peut créer 5000combinaisons différentes. Je préfère proposer des objets ouverts, plutôt que fermés.Le design consiste à lancer des pistes, et non à proposer des solutions définitives.» C' est un archétype, à la portée de tous: une tasse, un plateau, un emplacement pour le sucre. Je l'ai pensé comme objet universel, or, j'ai découvert que le calibresucre en poudre. Et la nouvelle Tate Gallery de Londres, qui me l'a commandé pour son restaurant, est obligée d'importer ce n°4.»
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