
02/06/2000 - Perrier renoue avec la presse magazine pour relancer ses deux versions, citron et citron vert.
Depuis quelque temps, Daniel Sicouri, président d'Ogilvy&Mather, pressait ses équipes de trouver une idée de campagne presse pour Perrier, abonné ces dernières années à l'affichage et au film. Ses voeux sont exaucés. À partir du 2juin, une trentaine de magazines vont accueillir, en simples et doubles pages, quatre annonces sur Perrier citron et Perrier citron vert. Le patron ne devrait pas être déçu. Son directeur de création, Thierry Chiumino, a eu l'idée de narrer les aventures de monsieur et madame Perrier dans leur frigo. Des aventures pas banales (quoique...) puisqu'elles s'inspirent des vaudevilles à la Feydeau. On y voit ainsi monsieur, de retour de voyage, qui surprend madame, rhabillée à la va-vite, pendant que citron vert, caché dans le placard, numérote ses abattis. Autre annonce: monsieur est plongé dans la lecture de son quotidien sportif et madame ouvre la porte à citron, dans le rôle du facteur. On comprend tout quand on voit les rejetons de la famille: deux petits Perrier au citron... L'agence a cherché à innover dans la forme, avec des visuels en images de synthèse.«Nous ne voulions pas de model-making pour éviter les aberrations de forme,explique Thierry Chiumino.Et puis, c'était amusant d'appliquer cette technique à la presse, même si c'est plus casse-gueule qu'en film où l'image défile très vite. Enfin, l'idée ressort bien de l'ensemble.»La technique, mise en oeuvre ici par un créatif free-lance autrichien, Johann Suchentruck, contribue à moderniser le thème du mari trompé. Les dialogues en accroche, du style «Toc Toc Selfaketeur. Shut! Isdout Dekelkechauz», participent aussi de cette volonté.
Pression des concurrents
Pour Perrier, cette campagne n'est pas anodine. Les deux variétés, lancées en 1986, pèsent 10% de ses volumes totaux. Sur le segment des eaux gazeuses aromatisées, elles monopolisent 50% de parts de marché, devant Badoît et Salvetat (Danone), mais de nouveaux concurrents mettent la pression, dont Volvic aromatisé, sur le segment voisin des eaux plates. Après une décennie de silence, il était temps de reprendre la parole. Seul regret: Perrier orange ayant été abandonné, nous n'aurons pas droit aux aventures de madame orange. Dommage. Monsieur aurait pu prendre sa revanche...Réagissez à cet article
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