MARKETING COMMUNICATION MEDIAS
Marques
Agences
Médias

Date de parution :




-- Sélectionnez --
-- Sélectionnez --
Agriculture jardinage
Alimentation
Ameublement décoration
Annonces légales
Appareils ménagers
Audiovisuel photo cinéma
Automobile transport
Batiment travaux publics
Boissons
Corporate
Culture & loisirs
Distribution
Edition
Energie
Enseignement formation
Entretien
Ets financiers assurance
Habillement accessoires textile
Hygiene beauté
Immobilier
Industrie
Information Media
Informatique bureautique
Organismes humanitaires
Parrainage associatif
Publicités diverses
Publicité financière
Santé
Services
Telecommunications
Voyage tourisme

Plan de la rubrique Marques
Accueil > Actualités > Marques > Panzani : Don Patillo au purgatoire
Page 1/2

Panzani : Don Patillo au purgatoire

30/06/2000 - Pour accroître la consommation des pâtes, Panzani met l'accent sur l'art de les cuisiner. Et met fin à vingt-cinq ans de communication avec Don Patillo.

Fini les coquillettes au beurre et les spaghettis au fromage râpé. Dans ses spots diffusés depuis le début de l'année, Panzani enseigne l'art de préparer les pâtes à l'italienne. Avec amour, voire passion, des jeunes femmes les font mijoter, à la poêle, dans une sauce mêlant tomates, fines herbes, parmesan. Depuis un an, le leader français des pâtes et des sauces cherche en effet à développer son marché.«Nous voulons accroître la consommation française des pâtes, qui est stable ou en baisse depuis 1996. Nous faisons face au développement des plats surgelés, des pâtes fraîches ou des repas pris hors domicile», reconnaît Xavier Riescher, directeur marketing de Panzani. Pour ce faire, le fabricant n'a pas hésité à se séparer de Don Patillo, le sympathique curé de campagne inspiré du célèbreDon Camillointerprété au cinéma par Fernandel, qui assure sa promotion depuis 1975.«Il nous prive de tout discours de nouveauté. Enfermé dans une rhétorique usée, Don Patillo ne peut évoluer. Or, nous voulons montrer la diversité de nos produits en mettant l'accent sur la cuisine des pâtes», explique Xavier Riescher. Stéphane Orhan, en charge du budget chez CLM/ BBDO, va plus loin:«Don Patillo renvoie à l'après-guerre, à l'image d'un produit basique, bon marché, que l'on prépare à défaut d'autre chose. Or les pâtes sont liées à l'Italie, aux repas festifs et gourmets. On peut les cuisiner à l'infini.»Pour négocier ce virage, Panzani, fidèle au groupe Havas depuis sa première campagne, n'avait pas l'intention de quitter Euro RSCG BETC. Mais le réseau publicitaire a cherché, d'ailleurs sans succès, à travailler avec son principal concurrent, Barilla! Résultat, Panzani a opté pour CLM/ BBDO. Sans regrets. Le premier film de l'agence d'Issy-les-Moulineaux, diffusé pour la première fois en janvier 2000, atteint des scores plus que satisfaisants auprès des consommateurs. Son taux d'agrément est de 92%, un chiffre jamais égalé par la cinquantaine de films centrés sur Don Patillo. Avec pour nouvelle signature «Laissez parler les Panzani», le spot montre la destinée d'un couple dont les amis répètent que le mari va se lasser, à chaque plat de pâtes servi par son épouse. Mais de tortis aux crevettes en penne aux pointes d'asperge, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Retour aux sources

Reste qu'il n'est certes pas aisé de se séparer du 3e personnage publicitaire préféré des Français. Panzani sait qu'il doit sa notoriété à ce curé bon enfant. L'entreprise, reconnaissante, a d'ailleurs garanti à vie le salaire de son interprète André Auber, âgé de 76ans. Dans les spots, son péché de gourmandise a été servi à toutes les sauces. «Mais, Seigneur ce ne sont que quelques pâtes», lance-t-il à un Dieu réprobateur. «Des pâtes, oui, mais des Panzani», répond son maître céleste, avant que la phrase ne soit reprise en signature de tous les spots. En 1987, Don Patillo sort de son village provençal pour gagner Rome et les riches tables du Vatican. Le fabricant veut alors redonner une image italienne à cette marque française, lancée en 1950 par Jean Giovanni, fils d'immigrés fabricants de pâtes à Florence.«On sent que Panzani se modèle alors sur son concurrent Barilla, le fabricant italien positionné sur le haut de gamme», commente Xavier Riescher. Pour tenir à distance son challenger et moderniser son image, Panzani cherche déjà à se défaire de Don Patillo. Les campagnes de 1989 mettent en scène des jeunes ne sachant que faire à la sortie du cinéma. Il leur suffit d'appercevoir Don Patillo pour avoir une idée: continuer la soirée autour d'un plat de pâtes. Les films remportent un faible succès et Don Patillo fait son retour en 1991. C'est alors que Panzani est touchée par le syndrome Danone, acquéreur de la marque en 1971. Don Patillo se met à évoquer le sucre lent des pâtes, à respirer la forme, l'énergie.«Le discours de Danone rejaillit sur la communication de Panzani. Ce qui n'est finalement pas très heureux,commente Xavier Riescher.La marque a le plaisir dans ses gènes.»Cette époque n'est pas la plus brillante. Manifestement, Panzani n'est ni stratégique, ni prioritaire pour Danone. Dans les années80, communication et innovation se font rares. Les investissements publicitaires passent, de 1992 à 1996, de 70 à 20MF. En 1997, le géant de l'alimentaire finit par vendre Panzani à Paribas affaires industrielles. Nouveau propriétaire, nouvelle donne. L'investisseur entend faire des plus-values. Il mise sur un développement rapide de l'entreprise. Produit, marketing et publicité évoluent dès l'année suivante. Panzani améliore la tenue à la cuisson de ses pâtes, désormais plus fermes. La cinquantaine de références de son marché de base est baptisée «Qualité or». L'investissement médias est porté à 80MF. Pour soutenir ces changements, Euro RSCG BETC s'inspire, avec succès, duParrainde Francis Coppola: elle envoie la mafia enquêter chez Don Patillo, détenteur du secret de fabrication des Panzani. Le fabricant décide aussi d'attaquer Barilla en se lançant sur le haut de gamme avec la marque Giovanni Panzani. À l'écran, ce personnage, mis en scène dans une épicerie italienne, reprend un client déclarant vouloir «juste» des pâtes. Les projets d'innovation ne manquent pas. Mais le passé n'est pas oublié. Don Patillo trône, photographié dans un cadre, dans les derniers films de CLM/ BBDO. Et il se pourrait bien qu'il réapparaisse sur le prochain site de Panzani.


Page 1/2
CHIFFRES CLÉS

2,5milliards de francs. Chiffre d'affaires Panzani en 1999. 33,2%. Part de marché des pâtes Panzani sur le marché français en volume (32,4% en valeur). 25%. Part de marché des sauces en volume (30% en valeur). 750. Nombre de salariés. Plus de 400millions. Nombre de paquets de pâtes vendus chaque année. 6millions. Nombre de paquets Giovanni Panzani vendus en un an. 120. Nombre de références de pâtes et de sauces. 80millions de francs. Investissement médias annuel, essentiellement en TV.

DATES CLÉS

1940. Giovanni Panzani se lance dans la fabrication artisanale de pâtes. 1950. Naissance de la marque Pasta Panzani. 1952. Lancement des sauces en boîte. 1971. Gervais Danone achète Panzani. 1997. Danone cède Panzani à Paribas affaires industrielles. 1998. Panzani attaque Ebly en lançant Blédor. 1999. Naissance de la marque Giovanni Panzani, élue produit et saveur de l'année 2000 et Oscar LSA de l'innovation 2000.

Xavier Riescher : Éduquer le consommateur

Panzani va-t-il lancer de nouveaux produits? Xavier Riescher. Après Blédor et Giovanni Panzani, nous sortons aujourd'hui Trésor de blé. Il existe une réelle attente des consommateurs pour des produits sains et gourmets. Avec Trésor de blé, nous gardons l'amande et le germe du blé et nous travaillons sur l'imaginaire d'un produit bienfaisant, moderne, avec un paquet opaque au touché mat. En avril, nous avons lancé seize références de pâtes fraîches sous la marque Giovanni Panzani. Quelle communication est prévue? X.R. Nous communiquerons avant la fin de l'année pour les pâtes fraîches, en juin pour Trésor de blé. Mais, pour cette nouvelle marque, nous ne passerons pas en télévision où nous sommes déjà très présents. Nous souhaitons toucher des cibles plus précises, des CSP+ ou de jeunes célibataires urbaines, via l'affichage, la presse, le marketing direct. Pourquoi avez-vous publié un guide sur les restaurants italiens? X.R. Nous devons enseigner la cuisine des pâtes au consommateur, et soutenir le positionnement de Giovanni Panzani. Nous offrons un macaron aux couleurs de la marque aux restaurants jugés positivement par l'auteur du guide, le critique gastronomique deTélérama, Roland Zemour. Ce livre est un succès. Les premiers 5000exemplaires sont épuisés. Un retirage est en cours. Vousallez vous lancer sur le Net. Avec quel type de site? X.R. En accord avec notre stratégie, le site sera baptisé lacuisinedes pâtes.com. Nous ne voulions pas d'un site institutionnel. Sur Internet, il faut partir du consommateur, non de l'entreprise. Ici, il apprendra à cuisiner les pâtes avec les ingrédients dont il dispose. Le site donnera des idées de recettes, des conseils ou des adresses de sites liés à l'Italie. Entretien: D.M.

Vos commentaires

Réagissez à cet article
Pas encore inscrit ? merci vous inscrire pour commenter cet article.
Déjà inscrit ? merci de vous connecter


Plus d'informations sur Stratégies.fr

Dans l'annuaire des agences et prestataires :
Mafia

Votre Flux Rss Stratégies Marques Votre Flux Rss Stratégies Marques
Voir les dossiers Marques
STRATEGIES SERVICES