Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

Rachel Beaujolin : L'entreprise doit assumer sa responsabilité

27/10/2000

Auteur des Vertiges de l'emploi, l'entreprise face aux réductions d'effectifs (Grasset/Le Monde 1999), Rachel Beaujolin est chercheur en gestion. Elle évoque le changement radical de nature des conflits sociaux ces dernières années.

En quoi les conflits sociaux ont-ils changé? Rachel Beaujolin. Il faut d'abord savoir que le nombre de conflits et de journées non travaillées ont sensiblement baissé ces dernières années. Dans le privé par exemple, les conflits ont été divisés par quatre en vingt-cinq ans. Aujourd'hui, la durée moyenne d'une grève n'est que de trois jours. Parallèlement, nous sommes passés de conflits globaux à des conflits plus locaux. C'est le résultat d'une délocalisation des négociations. Les conflits sont également plus corporatistes. On voit désormais des cadres ou des professions libérales faire grève. Les revendications sont plus identitaires. Comment expliquez-vous ce changement? R.B. L'individualisation des relations salariales explique cette montée du corporatisme. L'entreprise n'est plus un ensemble identitaire en soi. On défend maintenant un métier, un emploi. Quelle est, selon vous, l'origine des actions radicales, comme Cellatex l'été dernier? R.B. Tous ces conflits interviennent au terme d'une longue série de plans sociaux au cours desquels on a demandé de gros efforts aux salariés pour, finalement, leur annoncer la fermeture de l'entreprise. Le dépit est tel que l'on n'hésite plus à se retourner contre l'outil de travail. Phénomène rare mais compréhensible puisque, par définition, l'arme de la reprise du travail n'est plus opérant dans le cas d'une fermeture. Quels conseils donner aux entreprises? R.B. Il faut en finir avec l'opacité régissant la définition des plans sociaux. L'argument gain de productivité ou de rentabilité ne suffit plus. L'entreprise doit assumer sa responsabilité. Pourquoi ne ferait-elle pas une analyse a posteriori de ses décisions en matière de plans sociaux? Elle pourrait ainsi estimer leurs effets pervers et leurs coûts induits par ailleurs prouvés par de récentes études réalisées aux États-Unis. C'est sans doute le prix à payer pour légitimer les décisions à venir. Entretien : A.D.

Envoyer par mail un article

Rachel Beaujolin : L'entreprise doit assumer sa responsabilité

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.