
03/11/2000 - Le peintre Hervé Di Rosa crée le Miam, le Musée international des arts modestes, dans sa ville natale de Sète. L'occasion de réhabiliter les packagings et autres produits dérivés souvent négligés.
Qui a dit qu'il faisait toujours beau dans le Sud? Ce vendredi matin, la ville de Sète, dans l'Hérault, a les pieds dans l'eau. Hervé Di Rosa, un enfant du pays, fait visiter le Miam, le Musée international des arts modestes, qui ouvrira le 10novembre dans des anciens chais en bordure de canal. Le peintre a choisi un nom en forme de gag pour un lieu qui se veut plus un laboratoire d'idées qu'un musée. L'objectif est de rassembler des babioles sans valeur -cadeaux Bonux, distributeurs de bonbons Pez, cadeaux Kinder ou collectors McDonald's- pour montrer à des visiteurs en général hermétiques à l'art contemporain le lien entre les rebuts de la consommation et la création. Après tout, Andy Warhol peignait bien des boîtes de soupe...«Le point commun entre ces objets, c'est la communication,explique-t-il.Ils transmettent tous une émotion, qu'il s'agisse d'objets en plastique manufacturés comme les produits dérivés Star Wars ou d'objets artisanaux africains fabriqués à partir de canettes de Coca-Cola.»
Pikachu géant
L'exposition permanente commence par un accrochage de piñatas, des reproductions en carton de personnages de dessins animés offertes aux enfants mexicains pour les anniversaires. Un Bart Simpson géant côtoie des Pikachu, Goldorak ou Mickey tout aussi disproportionnés. Le rez-de-chaussée est occupé par la collection personnelle d'Hervé Di Rosa, une profusion de figurines Darth Vador, de dinosaures, de tortues Ninja et de jouets Batman, à rendre hystériques les moins de 10ans.«Je ne suis pas collectionneur pour garder mais pour montrer et préserver des objets qui finissent à la poubelle»,précise le peintre. L'étage supérieur est réservé à l'artiste Bernard Belluc, collectionneur compulsif qui réalise des vitrines à partir de porte-clefs, de vignettes Poulain, de vieux packagings de biscuits, de blasons ou d'emballages de bonbons.«L'art modeste, ce sont de petites créations qui donnent du bonheur au quotidien,dit-il.Sans les cadeaux Bonux, la vie serait triste.»Le Miam fera aussi une large place aux expositions temporaires dont une, pour commencer, sur l'art populaire mexicain. Ces références au Mexique ne sont pas fortuites, puisque Hervé Di Rosa y vit.Né en 1959 à Sète, Hervé Di Rosa est considéré, avec Robert Combas, comme le chef de file de la figuration libre. C'est en 1990, après sa rencontre avec Bernard Belluc, qu'il commence à travailler sur la notion d'art modeste. Il expose dans des caravanes que l'on retrouvera au Miam. Depuis 1993, il fait le tour du monde, s'arrêtant en route pour travailler avec des artisans locaux, en Bulgarie, au Ghana, au Vietnam. Le Mexique est sa nouvelle escale. Il est aussi réalisateur des Renés, un dessin animé sur Canal+.
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