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La censure reprend du service

10/11/2000

Les campagnes de deux magazines consacrés aux nouvelles technologies, Transfert et Futur(e)s, ont été censurées avant même d'être diffusées. Faut-il plutôt laisser le public seul juge?

Un mouton mort, les entrailles à l'air, se fait dépecer par des chiens robots dans une ambiance de safari du IIIe millénaire. Jésus sur la croix est surmonté de l'inscription «INRI.com». Un nouveau-né a le cordon ombilical relié à une console de jeux vidéo. La première campagne du magazineTransfert, conçue par Euro RSCG BETC et signée «Jusqu'où iront les nouvelles technologies?», n'a pas été du goût de la RATP, qui n'a accepté de ne diffuser que le visuel du bébé.«Quand on est sur un quai de métro, on n'a pas d'autre choix que de regarder les affiches,explique Bernard Averous, directeur commercial de la RATP.Nous n'avons pas voulu imposer l'image sanguinolente du mouton à tous nos publics.»

Des campagnes très contreversées

La campagne passe dans son intégralité dans des titres commeTechnikart, Zurban, Courrier internationaltandis que, dansTélérama,elle est tronquée. ChezTransfert, on se défend d'avoir voulu choquer à tout prix.«Il s'agissait de faire réfléchir les gens,souligne Dorothée Tromparent, directrice de la rédaction.La campagne reflète l'esprit de notre magazine, qui parle des nouvelles technologies en montrant aussi bien leurs aspects formidables que leurs dérives.»Même mésaventure pourFutur(e)s. Pour son lancement, le 23octobre, le mensuel avait prévu une campagne choc. L'un des visuels d'Euro RSCG Works montrait un poing avec, sur l'un des doigts, une bague au message explicite: «Fuck». L'AAP, société qui assure la pose des affichettes promotionnelles chez les kiosquiers, a caviardé ce message, ainsi qu'une autre photo, une paire de fesses jugée trop provocante.Le Figarolui a emboîté le pas, ne tolérant qu'un troisième visuel présentant les pieds d'un mort à la morgue. Métrobus, filiale de Publicis qui commercialise l'espace publicitaire dans le métro et sur les bus parisiens, et le journalInvestiront carrément refusé toute la campagne.LeNouvel Observateurs'est contenté de censurer les fesses, mais pas le poing. Si ces campagnes n'ont rien à voir d'un point de vue créatif, elles ont en commun d'avoir été censurées avant même que le public y ait accès.«Il ne peut même pas y avoir de débat», déplore Daniel Fohr, directeur de création chez Euro RSCG BETC.«Nous avions regretté d'avoir, l'an passé, affiché la campagneDon Quichottemontrant des cadavres, qui nous a valu de nombreuses réactions négatives», se défend Bernard Averous. En publicité, mieux vaut-il étouffer la polémique avant qu'elle n'éclate, ou laisser le public seul juge? Le débat est ouvert.

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