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Sécurité routière : La route est longue

05/01/2001

La communication de la Sécurité routière est passée en trente ans du simple accompagnement des mesures gouvernementales à une plus forte implication des conducteurs. Elle prend aujourd'hui des formes multiples pour changer les mentalités.

Les chiffres sont impressionnants: il y a trente ans, la France dénombrait deux fois moins de voitures mais deux fois plus de tués sur la route qu'aujourd'hui. Le progrès n'est pourtant qu'apparent: depuis 1996, il n'a pas été possible de passer en dessous de la barre des 8000décès par an. La remontée, enregistrée en 1998 après une décrue l'année précédente, a fait l'effet d'un électrochoc dans l'opinion.« La presse, qui traitait jusqu'alors les accidents du week-end à la sortie des boîtes de nuit à la rubrique "faits divers", a pour la première fois traité le sujet comme un véritable enjeu de société », souligne Philippe Perret, l'un des responsables de la communication de la Sécurité routière au ministère des Transports. En réaction, le public a reçu en pleine figure, à l'été 1999, la campagne de la Sécurité routière réalisée par Raymond Depardon. Les images réelles d'accidents, accompagnées de la guillerette chanson « La Route fleurie » interprétée par Georges Guétary, ont marqué un radical changement de stratégie. Depuis sa création en 1972, jamais la Sécurité routière n'avait adopté un ton aussi cru, à la différence de ses consoeurs britanniques ou espagnoles. Tout au long des années 70, elle s'en est tenue à accompagner les mesures gouvernementales - limitations de vitesse, ceinture et casque obligatoires, contrôles d'alcoolémie -, au rythme de trois campagnes par an. Les slogans se sont succédé avec une régularité de compte-tours: «Roulez moins vite», «Attachez vos ceintures», «Un petit clic vaut mieux qu'un grand choc», «La vitesse, c'est dépassé», «Boire ou conduire, il faut choisir»... Le problème, c'est que ces campagnes thématiques étaient faiblement mémorisées, les conducteurs ayant du mal à s'identifier à des messages assimilant le fautif à un chauffard. Trop abstraites, trop disparates, les campagnes provoquaient une réaction fataliste classique: «Ça n'arrive qu'aux autres». Il faut attendre la fin des années 80 pour que la Sécurité routière ébauche une communication cohérente, avec la création d'un logo, d'une charte graphique et d'un discours plus impliquant pour les automobilistes. La campagne de 1989, «Faisons la route ensemble», signée Publicis, fait appel au civisme. Les campagnes suivantes, «Ensemble, on est sur la bonne route», «Savoir conduire, c'est savoir vivre», «Si chacun fait un peu, c'est la vie qui gagne» sont du même ressort.«L'année 1989 représente une vraie charnière, car elle marque la volonté d'avoir une communication globale, multiforme et articulée avec le local»,précise Philippe Perret.

Un budget en hausse... et remis en compétition

En 2000, par exemple, année où la sécurité sur la route était déclarée grande cause nationale, la Sécurité routière a mené une campagne pédagogique sur les dangers du téléphone portable au volant, une autre plus émotionnelle sur les témoignages de victimes, filmée par Raymond Depardon, et une troisième destinée aux jeunes et aux patrons de discothèques sur le conducteur désigné. L'organisme multiplie les contacts avec les préfets, l'assurance maladie ou la Prévention routière, une association dépendante des assurances... Ainsi, la campagne choc de «La Route fleurie» a correspondu à celle du «Carrefour» de la Prévention routière, qui a été très bien perçue par les jeunes. Le budget de communication de la Sécurité routière, actuellement détenu par FCA!BMZ et Euro RSCG Corporate, est remis en compétition cette année. Signe de la montée en puissance des messages, le budget passe de 60 à 80millions de francs en 2001.

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