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SANTÉ

Bayer donne de l'urticaire aux médecins

31/08/2001

À l'occasion du retrait de son anticholestérol, Bayer a communiqué simultanément auprès de tous les publics. La profession médicale n'a guère apprécié.

Que peut-il arriver de pire au laboratoire Bayer ? Le retrait, le 8 août dernier, de son anticholestérol commercialisé en France sous les noms Staltor et Cholstat et soupçonné d'avoir provoqué la mort de cinquante-deux personnes dans le monde, l'a plongé dans une crise sans précédent. Le manque à gagner est estimé à plus de 6 milliards de francs. Voyant fondre son cours en quelques jours, le groupe, qui a dû repousser son introduction à la Bourse de New York, est même devenu une proie pour ses concurrents. Sur le terrain, la communication de crise de Bayer a suscité l'ire des professionnels de la santé. Ils n'apprécient pas d'avoir été prévenus au même moment que la Bourse et la presse, ce qui a provoqué un vent de panique parmi les patients. Loin de faire profil bas, le président de Bayer, Manfred Schneider, a financé le 20 août une pleine page dans quatre titres phares allemands. Il assure que son groupe a suivi les procédures pour avertir, entre autres, la MCA (Medical Control Agency), qui centralise ce type d'informations pour l'Europe.« Alerter la profession médicale avant les milieux financiers aurait pu provoquer des délits d'initiés »,ajoute-t-on chez Bayer Pharma, la filiale française du groupe.« Dans ce type d'affaire, les laboratoires doivent jongler entre les risques économiques, la pression des consommateurs et celle des médecins via les agences de contrôle des médicaments »,commente Xavier Delacroix, directeur général adjoint de l'agence Edelman. Pour Jean-Christophe Alquier, directeur général d'Harrison&Wolf,« Bayer a communiqué directement auprès du grand public car c'est le cours de l'histoire. Depuis le sida, les patients ne veulent plus dépendre d'un médecin ».Une tendance de fond dont même Bruxelles semble prendre acte. La Commission européenne souhaiterait mener une expérience pilote afin d'autoriser la publicité sur certains médicaments vendus sur ordonnance. Mais le cas Bayer montre que la satisfaction du fameux « patient empowerment » (le pouvoir aux malades) n'est pas exempte de tout risque.

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