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Entretien

Thaima Samman : « Le tabagisme des jeunes est inacceptable »

11/01/2002

Juriste de formation, Thaima Samman a pris la direction des « corporate affairs » de Philip Morris France en mai 2001. Elle dresse un premier bilan de son action dans le cadre de ce qu'elle appelle « le repositionnement» de Philip Morris.

Accepter la direction de la communication d'une société comme Philip Morris France se fait-il sans états d'âme ?

Thaima Samman.Un autre fabricant de cigarettes m'avait déjà contactée, trois ans auparavant. Face à l'attitude de ce groupe, persistant à considérer que le tabac est un produit comme un autre, j'avais opposé un refus catégorique. Depuis, Philip Morris, notamment, a complètement changé de politique en reconnaissant que le tabac était dangereux. Aussi, lorsque ce groupe m'a demandé de succéder à Rémy Calvet, promu directeur de la communication externe de Philip Morris International, pour mettre en cohérence ses actes avec ses paroles, j'ai accepté.

Quelle a été votre première initiative au sein du groupe ?

T.S.J'ai d'abord privilégié la communication et la formation en interne, afin de sensibiliser les salariés au nouveau positionnement de Philip Morris. D'abord, il a fallu mieux faire connaître au comité de direction et au « middle management » le fonctionnement des médias et des pouvoirs publics. J'ai entamé à l'automne dernier une série de vingt et une rencontres dans toute la France. Tout cela doit se traduire par des prises de parole plus fréquentes de la part du groupe. Nous ne refusons plus, bien au contraire, le contact avec les médias. Nous faisons même en sorte que les membres de notre comité de direction participent, dans le champ de leurs compétences respectives, à des colloques ou à des conférences. Enfin, nous développons le dialogue avec les pouvoirs publics.

Vos actions dans ce domaine ne visent-elles pas à remettre en cause la loi Évin ?

T.S.Pas du tout. Pour nous, ce texte est acquis et nous l'appliquons. Aux États-Unis, où la législation est beaucoup moins restrictive, nous ne publions des publicités que dans les magazines dont au moins 75 % du lectorat est adulte. En France, nos discussions avec les pouvoirs publics portent, entre autres, sur les modalités d'application de la directive européenne devant imposer, d'ici à septembre 2003 au plus tard, des avertissements sanitaires sur 30 % de la surface des paquets de cigarettes d'un côté et 40 % de l'autre. Et contrairement à nos concurrents, nous n'avons pas attaqué en justice cette directive.

Quelles sont les actions concrètes témoignant du changement de politique du groupe ?

T.S.Nous faisons de gros efforts en matière de prévention auprès des jeunes. Le seul marché que Philip Morris vise est celui des fumeurs adultes. Le tabagisme des jeunes est, pour nous, inacceptable. Ainsi, depuis 2000, tous nos paquets de cigarettes comportent la mention « Les mineurs ne doivent pas fumer ». Nous sommes favorables à l'interdiction de vente de tabac aux mineurs. Nous développons également des campagnes d'information, toujours avec le soutien d'un partenaire. C'est actuellement le cas dans le Nord de la France, avec une association locale, pour dénoncer les dangers du tabac auprès des jeunes. J'ai par ailleurs, récemment encore, interdit des campagnes de promotion mettant en scène des personnages de bandes dessinées, susceptibles de toucher plus directement les jeunes.

Cette inflexion est-elle également perceptible dans votre politique de mécénat ?

T.S.Je compte bien poursuivre le changement engagé voilà un ou deux ans et consistant à privilégier le mécénat social plutôt que le mécénat culturel. Le premier représente déjà 60 % de nos investissements dans ce domaine. L'objectif est d'arriver à 75 %. Le Challenge des quartiers, qui offre à de petits projets locaux trois prix d'environ 15 200 euros chacun et le soutien d'un réseau de compétences, tout comme nos actions contre la violence domestique aux côtés de la Fédération nationale solidarité femmes, témoignent de notre volonté de privilégier les causes oubliées.

Le changement de nom du holding Philip Morris, qui devrait s'appeler Altria au printemps prochain, s'inscrit-il dans cette nouvelle stratégie ?

T.S.Cela dépasse la seule activité Tabac du groupe. Cette initiative sert justement à témoigner de la diversité des activités du groupe, notamment dans l'agroalimentaire.

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