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Intérêt général

Viols de mineurs : le devoir d'ingérence

25/01/2002

Le gouvernement lance le 25 janvier, avec l'agence Publicis Étoile, quatre spots qui dénoncent les violences sexuelles sur mineurs et l'enfance maltraitée.

Les journalistes ont récemment popularisé le terme de « tournante » dans leur couverture des dérives des banlieues. Il n'y a rien qui exaspère plus Catherine Martin. La responsable de l'information et de la communication au ministère de l'Emploi et de la Solidarité, dont dépendent la famille et l'enfance, préfère parler de viol.« Cette pratique n'est pas un jeu, c'est un délit punissable de vingt ans de prison »,précise-t-elle.

Pour rappeler la loi aux Français, le gouvernement lance ce 25 janvier une campagne de communication de 3 millions d'euros sur l'enfance maltraitée et les violences sexuelles sur mineurs. Une priorité aux yeux de nos concitoyens, qui estiment que c'est à l'État de résoudre ce dossier. Publicis Étoile, l'agence chargée du budget, a travaillé sur quatre spots (deux longs et deux courts), réalisés par Bruno Rolland (production Can) et diffusés pendant deux semaines sur toutes les chaînes hertziennes.

Sobriété des spots

Le premier film, au format d'une minute pour assurer son impact, nous transporte dans une soirée d'adolescents. L'un d'eux attire une jeune fille dans une chambre. Il est suivi par ses copains, qui ferment la porte à clé. On devine la suite... Un deuxième film, au même format, met en scène un père au volant d'une voiture. Sa petite fille est sur le siège arrière.« Tu sais, tu es plus jolie que ta grande soeur »,dit le père. La scène suivante montre le véhicule quitter la route principale pour s'engager dans un chemin forestier. Là aussi, nul besoin d'explications sur ce qui va suivre... Deux autres messages de 20 secondes, l'un ayant pour cadre une salle de gym et l'autre un appartement, sont là pour marteler la signature de cette campagne : « Se taire, c'est laisser faire. » On la retrouve à chaque fois accompagnée d'un numéro d'appel, le 119.

« La réalité est suffisamment terrible pour ne pas en faire des tonnes »,affirment Marc Drillech et Dominique Chevallier, président et directeur de la création de Publicis Étoile, pour expliquer la sobriété de leurs spots. L'agence a suivi les axes de travail d'un comité de pilotage mis en place dès décembre 2000 par Ségolène Royal. Ils ont écouté les recommandations d'experts, dont les pédopsychiatres Marcel Rufo ou Boris Cyrulnik, ce dernier s'inscrivant en faux contre la théorie qui voudrait que tout enfant abusé abusera à son tour une fois devenu adulte... D'où le « devoir d'ingérence » prôné par cette campagne, que l'on verra aussi dans cent salles de cinéma.

Le dossier n'est pas simple : sur de tels sujets, le risque est grand de faire de tous les pères des violeurs potentiels ou, pire, d'exciter quelques esprits mal intentionnés. Si la réalité dépasse souvent la fiction, comme en témoigne l'actualité, une dramatisation excessive, sur les modèles de communication britanniques, peut aussi aboutir à l'effet inverse de celui recherché, le public ne se sentant pas concerné.

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